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Les armes nucléaires sont de nouveau une menace

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Avec la pandémie et les bouleversements climatiques, on a oublié la menace que font peser sur l’humanité les milliers d’armes nucléaires possédées par neuf pays.

Le risque croissant de guerre atomique est rarement évoqué dans les médias. L’aiguille de L’« horloge de fin du monde » 2021 du Bulletin of the Atomic Scientists (BAS) est à 100 secondes de minuit. C’est sa façon d’estimer la menace croissante d’une guerre nucléaire.

Beaucoup de doigts près du bouton

C’est que les États-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël développent actuellement de nouvelles armes atomiques et aussi de nouveaux « modes d’emploi ».

Le Strategic Command, responsable de l’arsenal nucléaire américain, a récemment déclaré qu’il doit « tenir compte de la possibilité d’un conflit qui pourrait très rapidement conduire un adversaire à considérer l’utilisation du nucléaire comme la moins mauvaise option. » Lorsque Trump s’est vanté que son « bouton » nucléaire était plus gros et plus efficace que celui de Kim Jong-Un, il confortait l’illusion que les dirigeants de pays nucléaires contrôlent seuls leurs armes de destruction massive. La nature même des armes nucléaires fait que le pouvoir de les utiliser est décentralisé et dispersé. En réalité, il y a des milliers de personnes qui peuvent déclencher une guerre nucléaire « par inadvertance » ou autrement. Et il y a le concours de circonstances imprévisibles qui peut entraîner des conséquences fatidiques pour des installations nucléaires situées en zone de conflit.

La semaine dernière, un missile syrien a explosé près du centre nucléaire israélien de Dimona. Le missile, tiré contre des avions israéliens à 40 km au nord de Damas, a raté sa cible pour s’écraser à 30 km des installations atomiques de Dimona dans le désert du Néguev à quelque 250 km au sud de la frontière syrienne.

Israël a reconnu que ses défenses aériennes ont été incapables d’intercepter le missile dans son espace aérien, pourtant l’un des mieux protégés de la planète.

Dimona, une cible fréquente 

Des médias israéliens venaient de rapporter que les défenses aériennes autour du réacteur Dimona avaient été renforcées en prévision d’une éventuelle attaque de missiles ou de drones de forces soutenues par l’Iran. Un journal iranien avait appelé à cibler le réacteur Dimona pour venger la récente opération de sabotage israélienne contre le site nucléaire de Natanz en Iran.

Une frappe de missile, même accidentelle, contre Dimona aurait pu être le déclencheur d’une guerre avec l’Iran. En octobre 2012, un drone iranien Shahed 129, opéré par le Hezbollah libanais, a été abattu à proximité du centre de recherche par un chasseur israélien.

En 2014, le Hamas avait tiré trois missiles de longue portée vers le réacteur de Dimona situé à 40 km de la bande de Gaza. Un des missiles fut intercepté par le système de défense antimissile israélien Iron Dome, les deux autres sont tombés dans le désert sans faire de dégâts. Construit avec l’aide de la France dans les années 1950, Dimona a produit les quelque 90 ogives nucléaires israéliennes.