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Pour un passeport vaccinal décentralisé

Vaccination AstraZeneca
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

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La campagne de vaccination bat finalement son plein. Après quelques faux départs, il semble que l’approvisionnement soit maintenant suffisant pour donner à chacun l’espoir d’une première dose au cours des semaines et des mois à venir.  

Chacun attend son vaccin comme s’il s’agissait d’une véritable libération. Mais pour que cela soit vraiment le cas, une réflexion s’impose sur l’instauration d’un passeport vaccinal et sur son format. Nous explorons donc l’avenue de la réduction des contraintes pour les voyageurs qui disposent d’une preuve de vaccination, et celle d’un passeport vaccinal décentralisé et non obligatoire pour faciliter la reprise des activités quotidiennes. 

  • Écoutez l'entrevue de l'auteur de cette lettre, Miguel Ouellete, avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Légitimité

Ces deux avenues font d’ailleurs leur chemin, sous différentes formes. En Israël, chef de file de la vaccination, le passeport vaccinal rend possible une panoplie d’activités impensables en zone rouge, dont la fréquentation des restaurants. Certains s’interrogent toutefois sur la légitimité d’un tel document, susceptible de laisser en plan ceux et celles qui n’ont toujours pas eu accès au vaccin, ou qui refusent tout simplement de recevoir la fameuse piqûre. 

Il convient toutefois de considérer la question sous un angle différent. Les restrictions à nos libertés individuelles en vigueur sont tout simplement énormes. Du moment qu’un moyen existe de les retirer de façon sécuritaire et non contraignante, il nous incombe de le mettre en œuvre. 

De plus, il y a fort à parier que les voyages internationaux ne reprendront pas sans quarantaine avant l’avènement d’un passeport vaccinal. Voulons-nous vraiment être privés de voyages au nom d’un égalitarisme dogmatique? Il serait donc souhaitable que la présentation d’une preuve de vaccination dispense les voyageurs canadiens rentrant au pays de certaines mesures, dont la quarantaine obligatoire à l’hôtel. 

Qui sera responsable de le délivrer?

Mais encore faut-il convenir des modalités de ce type de passeport pour les activités quotidiennes qui ne concernent pas les voyages. En fait, la question primordiale est de déterminer qui sera responsable de le délivrer. Après tout, l’informatisation des systèmes de santé provinciaux n’est pas uniforme, et les outils utilisés ne communiquent pas toujours entre eux. 

Le gouvernement fédéral se trouve donc en mauvaise posture pour pouvoir délivrer rapidement un passeport vaccinal. Et compte tenu du fiasco de son projet Phénix, on ne peut que se croiser les doigts pour que le gouvernement fédéral ne s’implique pas dans l’intégralité du dossier. 

Le gouvernement du Québec, pour sa part, accuse un retard dans la numérisation des dossiers patients et de son système de santé en général. Il apparaît difficile de concevoir que le gouvernement pourra produire rapidement une solution qui soit fonctionnelle. 

Heureusement, de nombreux entrepreneurs ont entrepris de proposer des applications mobiles permettant d’attester de notre immunisation. Afin de procéder rapidement, et à moindre coût, il serait avantageux de se prévaloir de ces innovations. Ce modèle décentralisé représente notre meilleur espoir, tout en respectant les libertés individuelles de chacun. Les entreprises privées seraient libres d’exiger ou non une preuve de vaccination, et les consommateurs pourraient opter pour une entreprise plutôt qu’une autre selon l’exigence en place. 

Il nous apparaît donc souhaitable que les voyages soient facilités pour les personnes disposant d’une preuve de vaccination. Pour le reste des secteurs, nous favorisons la mise en place d’un passeport vaccinal décentralisé et non obligatoire. Alors que l’été se profile à l’horizon, il est impératif de considérer toutes les options possibles afin de permettre à la vie de reprendre son cours. 

Vaccination AstraZeneca
Photo Ben Pelosse

Miguel Ouellette, économiste et directeur des opérations

Vaccination AstraZeneca
Photo courtoisie

Maria Lily Shaw, économiste, Institut économique de Montréal

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