/finance/business
Navigation

Vols annulés: Transat remboursera ses clients

Le prêt de 700M$ d’Ottawa permet au transporteur québécois d’imiter Air Canada

Coup d'oeil sur cet article

Le formulaire de remboursement d’Air Transat était en ligne depuis à peine 90 minutes, hier matin, que déjà plus de 30 000 personnes avaient fait une demande.

• À lire aussi: Airbus offre un hublot d’avion à l’ancien grand patron d’Air Canada

• À lire aussi: Des billets d'avion à rabais pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine

La compagnie aérienne montréalaise venait d’annoncer qu’elle va finalement rembourser ses 550 000 clients dont le départ devait être prévu le 1er février 2020 au plus tôt, et le 29 avril 2021 au plus tard. 

Les remboursements se feront sur le principe du premier arrivé, premier servi. Les voyageurs ont jusqu’au 26 août pour remplir une demande, et l’entreprise devra les payer au plus tard en novembre.

Jean-Marc Eustache était heureux d’annoncer hier, à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires de Transat, qu’une entente avait été conclue avec Ottawa après neuf mois de discussions. Cette année, pandémie oblige, le tout s’est tenu en mode virtuel.
Photo Pierre-Paul Poulin
Jean-Marc Eustache était heureux d’annoncer hier, à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires de Transat, qu’une entente avait été conclue avec Ottawa après neuf mois de discussions. Cette année, pandémie oblige, le tout s’est tenu en mode virtuel.

En date de janvier dernier, Transat comptait 573,6 millions $ de dépôts reçus des clients dans ses livres, soit les montants liés aux billets annulés. 

« Nous avons l’argent pour rembourser tous les clients », a assuré hier le grand patron de Transat, Jean-Marc Eustache, en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise.

Cet argent provient en partie des 700 millions $ en prêts accordés par Ottawa, une entente qui a pris neuf mois à se matérialiser et qui a été conclue quelques heures avant la tenue de l’assemblée, hier matin. 

Transat, qui a vu son mariage avec Air Canada être annulé le 2 avril dernier, vivote depuis l’arrêt de ses opérations, le 13 février. L’entreprise perd actuellement 30 millions $ par mois et compte 772 employés, contre plus de 5200 avant la pandémie. 

Survie à court terme assurée

Dans le cadre du Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE), le transporteur a obtenu un prêt de 390 millions de dollars pour renflouer l’entreprise et un autre de 310 millions $ pour rembourser les voyageurs. 

Ces liquidités lui permettront de survivre à court terme ou jusqu’à une possible vente de l’entreprise.  

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Les prêts d’Ottawa ne viennent pas sans conditions, notamment pour ce qui est de la rémunération. Les cinq membres de la haute direction ne pourront ainsi gagner plus de 1 million $ par année jusqu’à ce que les prêts soient totalement remboursés.

« Nous allons pouvoir concentrer nos efforts sur la relance et sur notre plan stratégique pour les années à venir afin de reconstruire une entreprise solide et rentable pour longtemps », a déclaré M. Eustache lors de l’assemblée.

Le plus vite possible

Les clients qui ont acheté leurs billets directement auprès du transporteur peuvent donc dès maintenant demander à être remboursés. Ceux qui ont fait affaire avec une agence de voyages doivent passer par leur conseiller. 

Transat a déjà ajouté 60 personnes à son équipe, a fait savoir M. Eustache, afin de procéder aux remboursements avec le plus de diligence possible. 

« On s’est toujours prononcé en faveur des remboursements, mais on devait avoir l’aide de notre gouvernement », a-t-il tenu à préciser.

Péladeau toujours sur les rangs  

Si le président et chef de la direction de Transat a plaidé hier que l’entreprise peut maintenant souffler et se reconstruire grâce à l’aide d’Ottawa, il a aussi soutenu que les discussions avec Pierre Karl Péladeau se poursuivent. 

« Nous avons des discussions très cordiales. Je trouve M. Péladeau extrêmement intelligent. On continue de travailler ensemble pour avoir une offre formelle et s’entendre sur une proposition ferme et contraignante », a dit Jean-Marc Eustache, hier.

M. Péladeau, le PDG de Québecor, cherche à mettre la main sur le transporteur à titre personnel. Il a déjà fait une offre identique à celle d’Air Canada, soit 5 $ par action ou 190 millions $. 

Aucune offre formelle n’a toutefois été déposée au comité spécial du conseil de Transat chargé de la vente de l’entreprise.

L’homme d’affaires, aussi propriétaire du Journal, n’était pas disponible pour commenter, hier. 

Questionné à savoir si Pierre Karl Péladeau est le seul intéressé à acheter Transat, M. Eustache n’a pas voulu aller plus loin. 

Objectif revu à la baisse

Les prêts obtenus par Transat de la part d’Ottawa étaient attendus, comme l’a souligné la Banque Nationale dans une analyse produite hier matin. « Nous pensons qu’il reste d’importants défis à relever pour la société », note toutefois l’institution financière, qui a abaissé son objectif pour le titre de Transat à 3,50 $, contre 3,90 $ précédemment. 

Le transporteur montréalais prévoit reprendre ses vols à la mi-juin, mais n’a aucune idée de quand il sera à nouveau profitable, a avoué Jean-Marc Eustache, hier.

À VOIR ÉGALEMENT...