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Biden face au Congrès: «L'Amérique va de nouveau de l'avant»

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Le président américain Joe Biden a vanté mercredi soir face au Congrès les avancées de son début de mandat, dressant le tableau d'une Amérique qui avait surmonté une série de crises sans précédent et avait répondu avec détermination à la pandémie de COVID-19. 

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À la veille du cap symbolique de ses 100 jours au pouvoir, le locataire de la Maison-Blanche a décliné son «Projet pour les familles américaines», d'un montant total de près de 2000 milliards de dollars.

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Décrivant un «pays en crise» à son arrivée au pouvoir (crise sanitaire et économique, mais aussi l'assaut contre le Capitole du 6 janvier, «la pire attaque contre notre démocratie depuis la guerre de Sécession»), Joe Biden a affiché sa confiance.

«Après 100 jours, je peux le dire au pays: l'Amérique va de nouveau de l'avant», a-t-il lancé. 

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec John Parisella, conseiller spécial pour la firme National et ancien délégué du Québec à New York, sur QUB radio:   

Pour la première fois dans l'histoire, deux femmes avaient pris place derrière le président, dans le champ des caméras: Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre, et Kamala Harris, devenue en janvier la première femme à accéder à la vice-présidence.

AFP

«Il était temps!», a lancé le président américain, sous des applaudissements nourris, juste avant d'entamer son discours.

Le président démocrate s'est posé en défenseur de la classe moyenne, en vantant un gigantesque plan d'investissement visant à créer des millions d'emplois pour les Américains qui se sentent tenus à l'écart.

«Je sais que certains d'entre vous se demandent si ces emplois sont pour vous. Vous vous sentez abandonnés et oubliés dans une économie qui change rapidement», a déclaré M. Biden, dans une allusion à peine voilée à son prédécesseur Donald Trump qui se posait en champion des «oubliés».

«Laissez-moi vous parler directement», a-t-il ajouté, promettant que ses plans d'investissement créeraient des «millions d'emplois». «Près de 90% des emplois dans les infrastructures (prévus dans son plan présenté le mois dernier) ne nécessitent pas de diplômes universitaires», a-t-il encore dit.

Et de rependre devant le Congrès une formule mille fois prononcée en campagne: «Ce n'est pas Wall Street qui a construit ce pays. La classe moyenne a construit ce pays. Et les syndicats ont construit la classe moyenne».

Le plan, qui suscite déjà la colère des républicains, est ambitieux: 1000 milliards d'investissements, en particulier dans l'éducation, et 800 milliards de réductions d'impôts pour la classe moyenne.

Pour le financer, le démocrate propose d'annuler les baisses d'impôts pour les plus riches votées sous Donald Trump, et d'augmenter les impôts sur les revenus du capital pour les 0,3% d'Américains les plus fortunés.

Avec une promesse martelée sur tous les tons: aucun Américain gagnant moins de 400 000 dollars par an ne verra ses impôts augmenter.

Cette allocution marque aussi le début d'un âpre combat au Congrès: si son plan de soutien à l'économie de 1900 milliards de dollars a franchi l'obstacle sans véritable difficulté, les discussions sur ses gigantesques plans d'investissement dans les infrastructures et l'éducation s'annoncent beaucoup plus houleuses.

«Le président Biden s'est présenté en campagne comme un modéré, mais j'ai du mal à trouver jusqu'ici la moindre décision qui démontre un sens de la modération», a ironisé le sénateur républicain Mitch McConnell avant le discours.

À la tribune, le président démocrate a vanté les «progrès extraordinaires» réalisés aux États-Unis ces derniers mois face à la COVID-19 avec en particulier la fulgurante accélération du rythme de vaccination.

Plus de 96 millions de personnes, soit près de 30% de la population, sont considérées comme totalement vaccinées. Et, dans une décision chargée en symboles, les autorités sanitaires ont annoncé mardi que les Américains ayant reçu les piqûres salvatrices n'avaient désormais plus besoin de porter de masque en extérieur, sauf au milieu d'une foule.

Si le discours présidentiel sur la colline du Capitole est un rituel qui rythme la vie politique américaine, celui de cette année, s'est déroulé dans une atmosphère singulière, COVID-19 oblige.

AFP

Seules quelque 200 personnes, contre plus de 1600 habituellement, se sont retrouvées dans la prestigieuse enceinte de la Chambre des représentants pour y assister. Et les élus ont été priés cette année de présenter une liste d'invités «virtuels»...

John Roberts était le seul juge de la Cour suprême présent. Le chef de la diplomatie, Antony Blinken, et le chef du Pentagone, Lloyd Austin, étaient également sur place, mais le reste du gouvernement a regardé le discours à la télévision.

Autre rupture avec la tradition: il n'a pas été nécessaire cette année de choisir un «designated survivor», un membre du gouvernement désigné chaque année pour ne pas assister au discours et qui reste dans un endroit tenu secret afin d'être en mesure de prendre les rênes du pouvoir en cas d'attaque visant le bâtiment.

L'atmosphère était nettement moins tendue que lors du dernier discours de Donald Trump dans cette enceinte, en février 2020.

Avant le discours, il avait ostensiblement évité de serrer la main que lui tendait Nancy Pelosi. Une fois l'allocution terminée, cette dernière avait déchiré sa copie du discours d'un geste théâtral.

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