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Commission de l’accès à l’information : le pauvre chien de garde de nos données

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Manque flagrant d’expertises et de financement : le gardien de l’accès à l’information et de la protection des données personnelles n’a « clairement pas » les ressources pour surveiller adéquatement les menaces qui planent au-dessus des Québécois.

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La présidente de la Commission de l’accès à l’information, Diane Poitras, a avoué en commission parlementaire qu’elle n’a pas les ressources nécessaires pour répondre aux menaces liées aux nouvelles technologies qui utilisent les données des Québécois. 

PHOTO COURTOISIE

Son organisation est pourtant responsable de la surveillance et de la protection des données personnelles des Québécois. 

Questionnée par Gabriel Nadeau-Dubois de Québec Solidaire, Mme Poitras indique que son travail est plus difficile, surtout à l’ère où les entreprises et le gouvernement manipulent les données grâce à ces technologies.  

Manque d’expertise

L’organisation qu’elle dirige compte seulement huit analystes-enquêteurs dans ses rangs et un seul spécialiste des nouvelles technologies. 

L’expert en question a récemment été engagé, ce poste était vacant depuis deux ans, a-t-elle répondu au député libéral Marc Tanguay. 

Ces enquêteurs sont responsables des analyses et inspections pour l’ensemble des organismes publics et des entreprises privées du Québec. 

Ce n’est « clairement pas » assez de personnes, a-t-elle soufflé. « Je n’ai pas de marge de manœuvre pour engager d’autres spécialistes en technologie, bien qu’il s’agisse d’un grand besoin. » 

Aucune évolution

Au début des années 2000, il y avait une soixantaine de personnes qui travaillaient pour l’organisme public. « Il n’y a pas eu une évolution très grande », a-t-elle avoué.  

Depuis l’an dernier, 70 personnes y sont postées pour gérer la surveillance et les aspects juridiques.  

Pourtant, a fait valoir le député de Québec solidaire, les fraudes ont augmenté de 75% au Québec durant cette période.   

La commissaire a signalé que les ressources de son organisation étaient loin de suivre celle des menaces croissantes qui touchent les données personnelles. « J’ajouterais qu’elles n’ont pas augmenté au même rythme que les investissements dans les nouvelles technologies, dans l’innovation et dans toutes sortent de technologies très utiles qui permettent d’exploiter ou de valoriser les données », a expliqué Mme Poitras.  

Si le projet de loi 64 est adopté, la Commission de l’accès à l’information aura un an pour engager 118 nouvelles ressources. Ce projet doit moderniser la Loi qui protège nos données.   

La commission a récemment fait une demande de financement supplémentaire de 3M$ afin de préparer le terrain et accélérer la transition.