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La décriminalisation des drogues exigée au plus vite

Manifestation contre les opioïdes
Photo Pierre-Paul Poulin Des dizaines de personnes ont participé à une marche funèbre à Montréal en mémoire de proches décédés d’une surdose.

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Des organismes communautaires sont sortis dans la rue jeudi et demandent au gouvernement d’agir, car ils craignent une augmentation des surdoses et des décès d’opioïdes encore cet été.

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« Les gens sont obligés de se tourner vers des drogues illégales qui ne sont pas testées. En décriminalisant les drogues, ça permettrait aux gens d’avoir leur drogue de choix, de la même façon que quelqu’un peut aller à la SAQ pour obtenir de l’alcool et consommer de façon sécuritaire », martèle Frankie Lambert, porte-parole de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD).  

Manifestation contre les opioïdes
Photo Pierre-Paul Poulin

Des dizaines de citoyens endeuillés ont participé jeudi à une marche funèbre dans les rues de Montréal à la mémoire de leurs proches décédés d’une surdose, espérant des actions concrètes du gouvernement pour remédier à ce problème grandissant. 

Vêtus de noir, ils étaient là pour rendre hommage à un parent ou un ami qui a perdu son combat contre la dépendance. 

« Je suis là pour mon frère », a soufflé avec émotions une jeune femme qui a préféré garder l’anonymat, exhibant une photo de ce dernier souriant à pleines dents. 

Pas assez 

« Historiquement, il y a plus de surdoses l’été, mais il y en a tellement maintenant que pour nous, c’est une crise à temps plein. On ne trouve pas que le gouvernement en fait assez », croit Alexandra Pontbriand, du centre d’injection supervisé Spectre de Rue à Montréal. 

« On a un peu été oubliés avec la pandémie, mais les gens continuent de mourir. Ce ne sont pas que les gens stéréotypés, seuls dans la rue, qui consomment. Les gens consomment dans toutes les sphères de la société », rappelle M. Lambert.  

Depuis l’été passé, la Santé publique de Montréal a observé une modification de la composition de la drogue vendue dans la rue, comme l’héroïne, bien souvent coupée au fentanyl.

Manifestation contre les opioïdes
Photo Pierre-Paul Poulin

« On a vu une augmentation significative des appels à Urgences-santé pour des cas de surdoses et d’intervention d’urgence pris en charge par les équipes d’infirmières sur les sites d’injections supervisés », précise la Dre Carole Morisette, médecin-conseil à la Direction régionale de santé publique de Montréal. 

Heureusement, les surdoses ne mènent pas toutes à des décès, précise-t-elle, mais pour cela, il faut intervenir à temps.  

« Si une personne consomme seule à la maison et qu’il n’y a personne pour avertir le 911 ou administrer la naloxone, on n’a pas de moyen de prévenir le décès. Il faut avertir un ami, un proche, ou se rendre dans un centre d’injection supervisé », souligne-t-elle. 

Si plusieurs craignent des répercussions en appelant le 911, la Dre Morissette rappelle que la loi des bons samaritains les protège. 

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