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«Merci beaucoup!» a dit Ilya Kovalchuk

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Oubliez la supposée neutralité. Après avoir réussi à tuer un cinq contre trois pendant plus d’une interminable minute à force de courage et de tirs bloqués par des joueurs qui se garrochaient devant les rondelles en troisième, j’ai souffert les deux dernières minutes de la victoire de 1-0 de l’Avangard de Bob Hartley...

Des tirs bloqués, des replis défensifs acharnés, une discipline d’enfer, j’aurais mangé la télé pour que l’Avangard tienne le coup.

Puis la caméra nous a montré Ilya Kovalchuk avec le C du capitaine sur le chandail et tous les autres joueurs qui s’empilaient derrière le but, et Bob Hartley qui étreignait ses adjoints.

Un moment de pure euphorie devant Vladislav Tretiak et les autres grands de l’Armée rouge...

Malheureusement, le réseau Eleven sport où je suivais le match a coupé un peu trop tôt...

« ILS ONT TELLEMENT DE CŒUR »

Pas grave. Une demi-heure plus tard, FaceTime sonnait. C’était Hartley de son bureau à Balashikha. Avec Jacques Cloutier, son éternel complice. Le coach était radieux : « Non, mais ils ont-tu du cœur ! Les as-tu vus bloquer les shots ? Pis tuer l’avantage numérique double donnée, pis je me retiens d’en dire plus au CSKA ? Je suis tellement fier d’eux, tellement fier de mes joueurs, notre parcours a tellement été rempli d’embûches que je dis aux médias russes que notre histoire mériterait un grand film », de dire Hartley avec un sourire profondément heureux.

Je n’ai pas eu le temps de parler à Coco Cloutier, Poutine a coupé la communication. En fait, c’était la foutue batterie de mon téléphone...

La virée du coach n’est pas terminée. Hier soir, on pouvait trouver des images de joyeuses fêtes à Omsk en Sibérie. D’ailleurs, de nombreux partisans avaient fait le voyage à Balashikha pour encourager leurs Amours.

Photo courtoisie Avangard d’Omsk

« On va peut-être avoir un vol nolisé pour Omsk, je ne sais pas trop », avait eu le temps de me dire Super Bob.

Poutine est gentil et Stéphane Langdeau est encore plus fin. Une demi-heure plus tard, je retrouvais Hartley pendant mon intervention à l’émission de Langdeau. 

« MERCI BEAUCOUP... GOOD LUCK TO THE CANADIENS ! »

En direct. La même joie, les mêmes hommages et une humilité encore plus marquée quand l’animateur du 91,9 lui a dit que le coach méritait sa place au Temple de la Renommée dret-là : « Non, Bob Hartley a jamais gagné une Coupe. Les équipes les ont gagnées. Moi, j’ai été privilégié que des mentors m’offrent des chances de pratiquer un métier que j’adore. Mes joueurs de l’Avangard ont tellement tout donné, on sentait une immense énergie sur le banc. Fallait les calmer », a répondu Hartley.

Puis, Hartley a passé le téléphone à Ilya Kovalchuk. À 37 ans, Kovalchuk a gagné avec Hartley ce qu’il n’avait pu faire tout jeune à Atlanta : « Bob, c’est le meilleur coach. Il a formé une grande famille. Et avant de quitter les auditeurs, Merci beaucoup... et good luck to the Canadiens », a lancé un Kovi tout joyeux en direct de Balashikha.

« Merci beaucoup », c’est plus de français que 90 % des joueurs actuels du Canadien. Mais la soirée de Hartley n’était pas terminée. Un peu plus tard, dans un vestiaire complètement pété, Kovalchuk remettait à son coach la seizième pointe des séries pour compléter l’horloge des seize victoires... et dans une salve de rires, le capitaine et les gars de l’Avangard offraient une joyeuse bascule au gars de Hawkesbury...

Cinq Coupe en cinq pour Super Bob...