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Des fraudeurs s’en mettent plein les poches sur le dos de locataires

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Sandra Cyr et Sandra Hartman ont perdu 1800 $ en tentant de louer une maison à Longueuil, après que le présumé propriétaire ait réussi à obtenir l’argent envoyé par virement électronique, sans même qu’elles lui aient donné le mot de passe.

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Des fraudeurs profitent de la crise du logement dans la grande région de Montréal pour arnaquer des centaines de dollars à des locataires désespérés de se trouver un nouveau toit.

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« C’était l’argent pour payer le premier mois et avoir un petit coussin ; on a tout perdu », lâche Sandra Hartman, de Saint-Amable, qui se cherche un logis avec sa bonne amie Sandra Cyr.

Tout récemment, elles affirment avoir perdu 1800 $ aux mains d’un fraudeur en réservant une maison à Longueuil. 

Avant de visiter, Mme Cyr a viré électroniquement les fonds au présumé propriétaire, comme exigé, mais sans donner le mot de passe permettant d’encaisser le montant pour se protéger.

Une fois qu’elles furent rendues sur place, la personne qu’elles devaient rencontrer ne s’est jamais pointée. Et les deux femmes ont ensuite constaté que le malfaiteur était parvenu à obtenir l’argent envoyé préalablement, sans savoir comment il a réussi son coup.

De son côté, le Montréalais Patrice Boisselle était prêt à signer son nouveau bail lorsqu’il a réalisé qu’il avait perdu son dépôt de 250 $. 

Incapable de joindre la personne qui lui a fait visiter un appartement dans Rosemont, l’homme de 53 ans est retourné sur place, où le concierge lui a expliqué que quelqu’un avait usurpé l’identité du propriétaire.

« J’étais convaincu d’avoir mon appartement samedi. Là, il faut que je recommence le processus. Ce n’est vraiment pas évident, surtout à Montréal », se désole-t-il.

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

Hausse de 45 %

Plusieurs Québécois ont rapporté au Journal avoir vécu des situations comparables ou avoir été la cible d’escrocs.  

Le Centre antifraude du Canada a d’ailleurs recensé dans la dernière année 170 rapports pour de tels cas, une hausse de 45 % par rapport à 2019-2020. 

Au Service de police de la Ville de Montréal, 24 cas de fraudes liées à la location d’une résidence ont été recensés depuis le début de l’année.

Stratagèmes douteux

Ces techniques de fraude ne datent pas d’hier, rappelle Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec.

« C’est sûr que quand il y a une pénurie et rareté de logements, on voit plus de stratagèmes douteux se pointer le bout du nez parce qu’il y a plus de gens désespérés finalement qui cherchent », mentionne-t-il. 

« Il y a des gens qui abusent de la situation et profitent des circonstances pour mettre en ligne des offres qui n’existent pas », renchérit Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Rappelons que selon le Code civil du Québec, aucune somme d’argent autre que le loyer, comme un dépôt, ne peut être exigée par un propriétaire. Un montant peut être cependant versé volontairement. 

Comment prévenir une fraude ?   

  • Vérifier l’identité du propriétaire  
  • Ne pas envoyer d’argent avant d’avoir visité le logement  
  • S’assurer de l’authenticité des photos publiées en ligne  
  • Consulter le voisinage    

Source : Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec

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