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Les droits des travailleurs encore bafoués

Les ténors de la Chambre des communes jouent leur rôle habituel de Paillasse… et hop, une loi spéciale !
Photo courtoisie Les ténors de la Chambre des communes jouent leur rôle habituel de Paillasse… et hop, une loi spéciale !

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Il a été tellement question de la Charte des droits et de la religion dernièrement qu’il aurait été facile d’oublier qu’il y a d’autres droits qui sont garantis par cet acte fondamental. 

Côté social, le droit de former un syndicat, de négocier collectivement et de retirer ses services à l’employeur au moyen d’une grève est aussi garanti par la Charte canadienne au chapitre de la liberté d’association. 

DES JUGEMENTS À L’APPUI

Ainsi, une tentative d’un gouvernement de droite de la Saskatchewan de nier le droit de grève à l’ensemble de ses employés a été battue en brèche par la Cour suprême en 2015. 

Après une bataille qui s’est échelonnée sur des décennies, les policiers membres de la GRC, seuls au Canada à être privés du droit de se syndiquer, ont finalement eu gain de cause devant la Cour suprême, aussi en 2015. 

Comme d’autres policiers, ils n’ont pas le droit de grève, mais le système bidon imposé par l’employeur pour représenter les membres a finalement été déclaré anticonstitutionnel et ils avaient le droit de se syndiquer en bonne et due forme. 

Une belle victoire et je peux en témoigner. Avec mon brillant associé d’alors, feu James Duggan qui a plaidé le dossier original, j’étais aux premières loges de cette bataille épique qui a commencé dans les années 1980. 

La direction de la GRC était d’une mauvaise foi crasse et a multiplié les coups de cochon contre les membres de la GRC qui osaient tenir tête à leurs « supérieurs ».

Un policier québécois membre de la GRC, Gaétan Delisle, est celui qui s’est illustré le plus et il a payé un lourd prix personnel en sanctions de l’employeur pour ses efforts à faire respecter les droits de ceux et celles qui doivent... faire respecter nos droits !  

L’OPÉRA DES PATRONS

C’est avec ces décisions de la Cour suprême comme toile de fond qu’on a assisté, bouche bée, à un opéra bien orchestré de voix patronales en unisson dénonçant, sans preuve, l’extrême danger de cette grève des débardeurs. 

Trudeau évoque l’urgence nationale en point de presse, car il y aurait des navires qui risquent de passer par Boston ! 

Le Fidelio de Trudeau, Pablo Rodriguez, entonnant le rôle de sa vie, s’émeut que le Bloc et le NPD se dissocient.... du consensus québécois ! Désolé Pablo, les lois matraque et les bâillons ne font pas consensus au Québec. 

L’employeur dans le cas des débardeurs a livré la partition du patronat à la perfection. Modification unilatérale de l’horaire de travail et d’autres manœuvres dont le but semble évident : provoquer une grève des employés et aller pleurnicher au gouvernement qu’il faut y mettre fin. 

Les ténors de la Chambre de commerce chantent leur rôle habituel de Paillasse, statistiques à l’appui. C’est épouvantable, la pandémie et... vite une loi spéciale, c’est urgent !

MANQUE DE RESPECT

Et Trudeau de s’exécuter, pour le bien de l’employeur. 

Aucune prétention de respecter les jugements de la Cour suprême. 

Comme ils le font depuis plus de 150 ans, les libéraux et les conservateurs trouvent une seule cause commune : bafouer les droits des travailleurs et aider les riches et bien connectés.