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Les mises en échec ratées d’Anglade

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Dominique Anglade

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À deux reprises récemment, Dominique Anglade a mené de bonnes attaques contre le gouvernement. 

Mais en échouant à « compléter la mise en échec », comme on dit en jargon de hockey.

Gouvernement par décret

La première, c’est cette contestation de la manière dont l’urgence sanitaire est reconduite : de 10 jours en 10 jours, ce que la loi permet. Mais ce faisant, le gouvernement contourne l’obligation qu’il aurait, s’il le faisait tous les 30 jours, de demander l’assentiment de l’Assemblée nationale.

L’idée n’était pas mauvaise. Début avril, le professeur de droit de l’Université Laval Louis-Philippe Lampron avait fait une sortie remarquée. « Ça fait un an qu’on est dans un gouvernement par décret », déclarait-il à Radio-Canada, y voyant une « faille importante » de la Loi sur la santé publique. Il s’étonnait que les oppositions n’aient pas rongé « cet os-là ».

Quelques jours plus tard, Anglade s’y mettait. Comme il fallait s’y attendre, le tandem Legault et Guilbault a répondu en s’étonnant qu’elle soulève cette question. Guilbault qualifiant ce sujet de « bizarroïde ».

Anglade sembla prise au dépourvu. Même chose à QUB radio, le 14 avril, où je lui avais demandé de me dire ce qu’elle changerait dans le décret de reconduction de l’état d’urgence. Sa réponse n’eut rien de précis ; tout au plus pointa-t-elle vers un contrat douteux, de gré à gré, pour du gravier à la Société des établissements de plein air du Québec.

En chambre, quelques jours plus tard, François Legault s’amusait : « La seule réponse qu’on [sic] a eu droit, c’est un problème de gravelle à la Sépaq. [...] Ce n’est pas sérieux, là. On ne va pas faire des débats pour faire des débats. »

Au caucus libéral, certains se demandaient aussi où la cheffe s’en allait avec ce sujet. On y vit un « manque de contenu ». Elle aurait dû être mieux préparée pour la seconde étape de l’attaque.

Crise et solution

Les partis d’opposition, c’est de bonne guerre, se piquent régulièrement des sujets. Les libéraux ont donc repris récemment le thème de la « crise du logement » à QS et plus précisément à Andrés Fontecilla, qui le martèle depuis des semaines. Ils ont aussi adopté le thème de la surchauffe immobilière que l’indépendante Catherine Fournier (future candidate à la mairie de Longueuil) avait la première soulevé en chambre.

Encore une fois, bonne première salve de la part d’Anglade, qui s’est jointe habilement au refus du gouvernement de reconnaître l’existence d’une « crise du logement ».

Mais, hier matin, elle sembla mal prise de nouveau lorsque les reporters lui demandèrent quelles étaient ses propositions pour sortir de la crise. « Il y a différentes avenues », a-t-elle répondu sans conviction, en donnant ensuite un exemple de taxe tirée du dernier budget fédéral. Elle refila rapidement la parole à sa députée Marie-Claude Nichols. Cette dernière fut aussi imprécise, évoquant de manière incertaine un nouveau régime d’accession à la propriété (RAP).

Certes, dans la période de questions qui suivit, François Legault parut lui aussi bien mal pris, piqué. Mais il l’aurait été encore davantage si l’opposition officielle avait su « compléter sa mise en échec ».