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Mike Pence vise la présidence en 2024

US-POLITICS-INAUGURATION
AFP

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Malgré son absence sur Twitter, l’ancien président Trump, bien que plus discret, est toujours présent dans l’actualité politique et vous savez déjà que plusieurs élus souhaitent obtenir son appui et celui de ses partisans en prévision des élections de mi-mandat 2022.

Si le 45e président obtient sa part de couverture médiatique, presque personne ne parlait de celui qui fut son second, et sa caution morale, pendant quatre ans. Jeudi soir, Mike Pence a effectué un retour remarqué alors qu’il a prononcé un discours en Caroline du Sud.

Vous vous souvenez peut-être qu’au moment de l’attaque sur le Capitole le 6 janvier dernier, les relations entre Trump et Pence s’étaient sérieusement refroidies. Visé par plusieurs manifestants après les pressions exercées par le président pour qu’il refuse de valider les résultats de l’élection 2020, Mike Pence prenait ses distances et les communications entre les deux hommes étaient rompues.

Pourtant, quand on étudie la déclaration d’hier, on a l’impression que Pence a passé l’éponge, au point où on se demande si on n’a pas rêvé cet épisode pourtant largement médiatisé. C’est à peine si l’ancien gouverneur de l’Indiana a fait mention de ce qu’on considère comme du terrorisme intérieur. Il a préféré vanter le bilan de la présidence de celui qui l’a dénigré et humilié.

Certes, Mike Pence n’est pas le premier à souffrir de pertes de la mémoire pour la période du 6 janvier ou à atténuer la portée de cette attaque sans précédent. Cette mémoire défaillante ou sélective n’est qu’une manifestation supplémentaire de l’influence qu’exerce toujours l’ancien président sur sa formation politique.

J’écriais plus tôt cette semaine que plusieurs sénateurs vont recourir au trumpisme dans l’espoir de maintenir leur siège lors des élections de mi-mandat 2022. Mike Pence, à qui on prête l’intention d’être candidat pour la présidentielle 2024, semble en être arrivé à la même conclusion.

Le pari de ce politicien aguerri me semble cependant particulièrement risqué. Après tout, les partisans de Donald Trump l’ont longtemps considéré comme un corps étranger et Trump lui-même a eu des mots très durs à son endroit. On peut penser que Mike Pence tente moins de les courtiser que d’éviter de se les mettre à dos.

Après qu’il soit sorti de son mutisme, il sera intéressant d’observer la stratégie de Mike Pence pour les prochains mois et les deux prochaines années. Si on ne peut l’exclure d’office, il ne part pas favori et son manque flagrant de charisme pourrait constituer un sérieux handicap.

Avant de considérer d’autres candidatures, les républicains devront s’assurer des intentions de l’ancien président. S’il semble prendre plaisir à se comporter en parrain dont l’appui est incontournable, il n’aurait pas arrêté définitivement sa décision.

Non seulement Pence est-il toujours dans l’ombre de son ancien patron, mais les Ted Cruz, Ron DeSantis, Mike Pompeo et Nikki Haley s’assurent qu’on ne les oublie pas. Il y a d’ailleurs un moment que j’observe Nikki Haley. Elle a su être fidèle à Donald Trump tout en sachant prendre ses distances le moment venu. 

C’est cette dernière que je suivrai de plus près d’ici 2024. Forte d’une expérience au poste de gouverneur et d’un passage à l’ONU, elle pourrait présenter comme des atouts le fait d’être une femme et d’avoir des racines en Inde. Électorat féminin et appel aux minorités contribueraient à rapprocher les républicains de clientèles qui leur préfèrent les démocrates.