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Les missions de l’État québécois confiées à une société ontarienne

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Photo Fotolia Vendredi, le ministère des Transports (MTQ) a souligné que «le processus d’adjudication a été fait en conformité avec la Loi sur les contrats des organismes publics et les accords de commerce dont le Québec est signataire».

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Alors que le gouvernement Legault enfonce le clou de l’achat local, le ministère des Transports vient d’octroyer un contrat de 805 200 $ à l’ontarienne ACS Air Charter pour noliser ses missions gouvernementales.

« Ça me désole, même si l’entreprise choisie est une très bonne compagnie. On trouve ça triste de voir que le gouvernement prône le Panier Bleu, mais qu’il octroie ce contrat à une firme de Toronto, dont le siège social est à l’étranger », s’est désolé auprès du Journal Marco Prud’Homme, président chez Nolinor Aviation.

Même si sa compagnie n’a pas soumissionné, Marco Prud’Homme est déçu de voir une décision contraire à ce qu’il avait négocié en 2007 lorsqu’il était président de l’Association québécoise du transport aérien (AQTA).

Jeudi, le ministère des Transports a octroyé un contrat d’opérations de nolisement d’aéronefs pour les missions gouvernementales (Transplant Québec, Sûreté du Québec, cabinets ministériels...) à ACS Air Charter.

« Ça n’a pas de sens. On donne tous les vols du Québec à un courtier de Toronto », a déploré le président de Services Aviation JB, Jocelin Bureau, une entreprise de logistique en aviation pour des compagnies minières, qui avait soumissionné sur le contrat.

« L’art de se tirer dans le pied »

À l’Association québécoise du transport aérien (AQTA), on estime que Québec a l’art de « se tirer dans le pied ».

« L’AQTA dénonce vivement qu’une entreprise ontarienne, qui n’a pas de place d’affaires au Québec ni même de numéro au Registre des entreprises, ait obtenu le contrat pour les services de nolisement d’aéronefs pour répondre aux besoins des ministères et organismes québécois », a regretté son PDG, Jean-Marc Dufour.

Vendredi, le MTQ a confirmé que la compagnie ACS Air Charter (Canada), qui était le plus bas soumissionnaire, est « basée à Toronto ».

La porte-parole du MTQ, Sarah Bensadoun, a rappelé que le Québec a entériné plusieurs accords de commerce et ne peut donc pas exclure une firme « en raison de son territoire d’origine ».

« À titre informatif, l’appel d’offres pour les services de nolisement comportait explicitement, dans l’énoncé de besoin, l’exigence selon laquelle les services doivent être rendus en français », a-t-elle indiqué, ajoutant que la firme assurera les services en français tant auprès du Ministère que des clients.

Jointe par Le Journal, ACS Air Charter (Canada) a d’abord affirmé que personne ne pouvait répondre à nos questions en français. Notre demande d’entrevue est, par la suite, restée lettre morte.

–Avec la collaboration de Sylvain Larocque