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La fin du rêve de l’accès à la propriété

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Comment a-t-on pu imaginer que François Legault croie vraiment qu’un logement à Montréal coûte environ 500 $ par mois ? Mais la politique est ainsi faite aujourd’hui qu’on cherche à transformer une déclaration imprécise en déclaration scandaleuse.

La mauvaise foi est inévitable dans la vie parlementaire, mais quand elle domine tout, comme on l’a vu avec Manon Massé déchirant sa chemise à l’Assemblée nationale pour faire passer le premier ministre pour un inconscient et un sans-cœur, elle dénature la démocratie.

Rénovictions

Cela dit, la question du logement est aujourd’hui centrale et dépasse la présente controverse. 

Elle touche évidemment les catégories sociales les plus modestes, souvent victimes de rénovictions de la part de propriétaires anonymes s’emparant d’un immeuble pour le vider de ses locataires, comme s’ils étaient des rebuts humains, avant d’en changer la vocation. Ces victimes d’un capitalisme sans foi ni loi sont bien mal armées pour se défendre. 

Elle frappe aussi, depuis un certain temps déjà, les classes moyennes, qui n’ont tout simplement plus les moyens d’habiter Montréal, ou du moins d’y faire un premier achat s’ils veulent fonder une famille. 

La métropole se clive progressivement entre une bourgeoisie ayant les moyens d’y rester et ceux qui la servent et appartiennent souvent aux catégories sociales globalement défavorisées. 

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Banlieues

La bulle immobilière frappe aussi les banlieues, où se concrétisait depuis un moment le rêve d’accès à la propriété du commun des mortels. Pour acheter, il faut de plus en plus s’étrangler financièrement.

Nous touchons là l’essentiel : au cœur de la promesse occidentale, depuis quelques décennies, il y a la possibilité pour chacun de rejoindre la classe moyenne et devenir propriétaire s’il fait les efforts nécessaires. 

Si cette promesse se brise, le pacte social se rompt. 

À travers la crise de l’accès à la propriété, tout un modèle de société se disloque sous nos yeux.