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Les endormis, ce sont les républicains, pas Biden

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Photo AFP Biden profite d’avoir des républicains égarés en face de lui.

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Le passage de Donald Trump a laissé le Parti républicain bien égaré. Joe Biden profite à plein d’un adversaire déboussolé pour agir sans subir la pression d’un parti d’opposition bien campé et efficace.

Les 100 premiers jours de Joe Biden n’ont pas été aussi tranquilles que ce à quoi on s’attendait. D’abord, il a vécu quelques succès opérationnels, la campagne de vaccination étant le plus spectaculaire. 

Surtout, Joe Biden est en train de faire prendre aux États-Unis un sérieux virage à gauche. Une transformation des États-Unis plus radicale que ce qu’on a vu depuis longtemps. Il invoque le contexte particulier de la pandémie, mais le nouveau président vient d’annoncer trois plans de dépenses de 2000 milliards chacun.

Des transferts aux individus, de l’aide aux entreprises, des infrastructures, de nouveaux programmes, Joe Biden ouvre les vannes. Je ne vous étonnerai pas en annonçant l’étape qui va suivre : des hausses d’impôt pour les particuliers et les entreprises.

Bon pour nous !

Du point de vue du Canada, il s’agit d’une bonne nouvelle. Les baisses d’impôt aux entreprises sous le président Trump avaient rendu les investissements plus attrayants au sud de la frontière. Les taux d’imposition du Canada apparaissaient encore plus élevés en comparaison. Et le Canada peinait à attirer des investissements.

Joe Biden est donc en train d’implanter une réforme majeure de l’économie américaine, en suivant une idéologie très campée à gauche. De quoi ouvrir toute grande la porte aux républicains pour présenter une vision alternative crédible. L’Américain moyen est très sensible à trop d’interventions étatiques et ouvert à écouter un contre-discours.

Biden mise sur des chèques de l’État pour réussir la lutte à la pauvreté. L’alternative consiste à miser sur l’emploi pour y arriver. Personnellement, je préfère cela. Joe Biden semble miser sur les investissements publics pour la relance de l’économie. Dans le passé, les États-Unis ont souvent bien réussi en encourageant les investissements privés.

Égarés

Alors que Biden opère une quasi-révolution devant leurs yeux, les républicains sont ailleurs. Ils sont contre le masque. Ils s’amusent à contredire des évidences médicales et à confondre idéologie politique et respect des mesures de lutte contre un virus. 

Comme si le virus était républicain ou démocrate. Comme si la réponse à une maladie était affaire d’idéologie politique. Est-ce que les gens de gauche se font plus ou moins débloquer les artères au besoin ? Est-ce que les diabétiques de droite se piquent moins à l’insuline ? De la bêtise. 

Les républicains sont encore obsédés par Trump. Bon nombre le défendent encore. En Arizona, on conteste encore le résultat électoral. Trop de républicains, incluant des élus, ne sont jamais très loin de quelque théorie du complot qui les détourne du chemin.

Trump aimait appeler Biden « Joe l’endormi ». Pour l’heure, ce sont les républicains qui sont endormis par l’opium trumpiste. Pendant ce temps, Joe Biden est bien alerte, en train de transformer leur pays.

Ma conclusion : je suis très inquiet de l’évolution de la droite en Amérique du Nord.