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Un manufacturier pris entre l’arbre et l’écorce

Les prix du bois croissent et la main-d’œuvre est rare

Martine Merette
Photo Pierre-Paul Poulin Martine Mérette, dans les installations de Logipak, à Saint-Roch-de-l’Achigan. Elle estime que, dans la conjoncture, les employés ont le gros bout du bâton.

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Un fabricant québécois de caissons de bois d’emballage de Lanaudière, forcé de payer son bois trois fois le prix avec la pénurie, ne sait plus où donner de la tête pour recruter sa main-d’œuvre.

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« Le 2 par 4 coûte quasiment trois fois plus que l’an passé, alors l’achat des matériaux de bois, des panneaux et madriers, représente maintenant une plus grosse dépense que tous les salaires. C’est mon poste principal », confie Martine Mérette, copropriétaire de Logipack, à Saint-Roch-de-l’Achigan.

Au mois de mars 2020, la PME avait 33 employés. Un an plus tard, elle n’en compte qu’une vingtaine, et même en leur offrant un salaire moyen de près de 18 $ l’heure, l’entrepreneure n’arrive pas à les garder sous son giron.

« J’ai des employés qui se sont lancés en affaires avec la Prestation canadienne d’urgence (PCU) pour devenir mes compétiteurs. J’en ai qui ont préféré rester chez eux et d’autres qui ne voulaient plus revenir parce qu’ils travaillaient ailleurs en dessous de la table en ramassant la PCU », dit-elle.

Pour Martine Mérette, qui offre 15 $ l’heure aux ouvriers en rentrant, la surenchère des salaires n’est pas la solution. 

« Si tu donnes deux dollars de plus à l’un, l’autre va vouloir la même affaire », souligne-t-elle. 

Double problème

Pour ne rien arranger, les morceaux de contre-plaqué et les panneaux de bois de toutes sortes, dont elle a besoin pour fabriquer des caissons de bois sur mesure pour le transport, deviennent hors de prix.

« On a le même chiffre d’affaires que l’an dernier de 3,5 millions de dollars, mais on a fait deux fois moins d’ouvrage. Je suis obligée de vendre plus cher, sinon aussi bien mettre la clé dans la porte à cause du prix du bois », dit la femme qui est dans les affaires depuis 2013.

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) rappelle que le quart des PME doivent toujours refuser des contrats faute de main-d’œuvre, en plus de subir l’explosion du prix des matériaux.

« Le gouvernement doit adopter des mesures répondant aux besoins des PME, comme la réduction des taxes et impôts, la bonification des crédits d’impôt et l’accompagnement dans leur recherche de candidats », souligne son vice-président, François Vincent.


♦ Plus de 26 % des PME ont dû refuser des ventes ou des contrats et 17 % ont repoussé des projets d’affaires en raison de la pénurie de main-d’œuvre, selon une étude récente de la FCEI.