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Une hausse du coût de la vie très inquiétante

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Deux filets de porc « format familial » vendus en épicerie pour 18,74 $. En seulement un an, le prix a doublé.

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L’inflation, c’est-à-dire la hausse du prix des biens et services, suscite autant de questions que de débats ces jours-ci. Ce qui est certain, c’est que la liste des augmentations de prix s’allonge de jour en jour : l’essence, les métaux de base, les aliments, le bois d’œuvre... 

Certaines de ces hausses sont flagrantes. Au rayon des viandes chez Metro, cette semaine, j’ai été estomaqué de voir deux maigres filets de porc «format familial» à 18,74 $ le paquet. C’est deux fois plus cher que l’an dernier.

Selon Statistique Canada, l’inflation a bondi de 2,2 % en mars. A priori, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Les banques centrales au Canada et aux États-Unis se font rassurantes. Ces hausses de prix seraient «passagères» et «transitoires». Et si les banques centrales avaient tort ? Et si le retour de l’inflation était là pour durer ?

Le trio vedette

Même le prix du steamé n’y échappe pas ! Deux hot-dogs, une frite et une liqueur... Le «trio vedette» des restaurants Valentine coûte 10 % plus cher depuis un an. Le franchiseur, Groupe MTY, qualifie d’abrupte la hausse de ses coûts.

Au cours de la dernière conférence avec les analystes financiers, il y a trois semaines, le PDG Éric Lefebvre a admis que ses restaurants avaient augmenté les prix de presque tous leurs menus, spécialement depuis deux ou trois mois. Il a pointé du doigt les coûts de la viande, de l’emballage et de l’huile de cuisson que doivent absorber les restaurants.

D’ailleurs, la Bank of America notait cette semaine qu’on n’a jamais vu, depuis 20 ans, autant de compagnies envisager de hausser le prix de leurs produits.

Par exemple, Dollarama n’exclut pas d’augmenter le prix de ses articles jusqu’à 5 $. Chez le fabricant de vêtements montréalais Gildan, on avertit que si le prix du coton demeure élevé, la hausse sera refilée aux clients.

Tempête parfaite

Une multitude de facteurs expliquent en ce moment certaines hausses de prix vertigineuses. Le porc coûte plus cher parce que les Chinois en importent des quantités astronomiques. Le cuivre profite aussi de la demande chinoise, qui consomme la moitié de la production mondiale.

Si les voitures neuves coûtent plus cher, il faut l’attribuer à la pénurie de pièces et de conteneurs pour les transporter. Pour justifier les prix du bois de construction, on mentionne la forte demande et le ralentissement de la production.

Bref, nous vivons les effets secondaires de la pandémie, qui a créé des déséquilibres puissants entre l’offre et la demande. Les gouvernements ont été forcés de fermer des entreprises, d’imprimer des quantités phénoménales d’argent, et de renflouer le portefeuille des gens pour qu’ils dépensent.

Il faut maintenant espérer que les banques centrales voient juste, et que l’inflation se maintiendra à 2 %. Sinon, elles seront tentées de hausser les taux d’intérêt pour freiner la surchauffe. Si on ne voit pas de spirale inflationniste en gestation comme dans les années 1970, méfions-nous de la COVID-19.

Le virus a déjà réussi à déjouer les meilleurs prévisionnistes.