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Bob Hartley: un gagnant partout

L’homme de hockey revient sur sa conquête de la coupe Gagarine et ses plans futurs

bob hartley
Photo d'archives Bob Hartley soulevant la coupe Gagarine en présence de son capitaine Ilya Kovalchuk.

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Mercredi soir, Bob Hartley et l’Avangard d’Omsk remportent la Coupe Gagarine avec une victoire contre la puissante formation du CSKA de Moscou. Jeudi, Hartley retourne à Omsk pour une fête avec les partisans de l’équipe. 

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Vendredi, il est pratiquement minuit, heure de Moscou, quand il écrit un courriel à l’auteur de ces lignes pour lui dire qu’il a une heure devant lui pour jaser au téléphone. 

« Je reviens à Balachikha, le Laval de Montréal pour Moscou. On a fini nos partys. L’adrénaline baisse un peu maintenant. Et je réalise mieux qu’on vient de gagner la Coupe Gagarine », lance avec fierté Hartley en entrevue au Journal

L’exploit d’Hartley est assez unique. Il est un gagnant dans l’âme. À 60 ans, il possède assez de trophées pour décorer le foyer de ses vieux jours. 

Il a maintenant remporté la Coupe du Président avec le Titan de Laval en 1993, la Coupe Calder avec les Bears de Hershey en 1997, la Coupe Stanley avec l’Avalanche du Colorado en 2001, le championnat de la Suisse avec Zurich en 2012 et la Coupe Gagarine en 2021. Hartley rappellera aussi qu’il a signé ses deux premiers triomphes avec les Hawks d’Hawkesbury, sa ville natale, dans la Ligue junior A de l’Ontario. 

En juillet 2001, Bob Hartley s’est rendu à Hawkesbury avec la coupe Stanley remportée à la barre de l’Avalanche du Colorado.
Photo d'archives
En juillet 2001, Bob Hartley s’est rendu à Hawkesbury avec la coupe Stanley remportée à la barre de l’Avalanche du Colorado.

Keenan et lui

Dans le grand livre des records, il y a seulement deux entraîneurs avec une conquête de la coupe Stanley et de la coupe Gagarine. Mike Keenan, couronné avec les Rangers de New York en 1994, a aussi triomphé dans la KHL en 2014 avec le Metallourg de Magnitogorsk.

« Je serai bien honnête avec toi, ça ne me fait pas grand-chose de devenir le deuxième seulement à réussir le doublé LNH et KHL, a répliqué Hartley. Je n’ai jamais carburé à essayer d’imiter une personne. J’ai coaché contre mon idole, Scotty Bowman, dans trois séries dans la LNH entre l’Avalanche et les Red Wings. Pour moi, une fois que la rondelle tombait, c’était mon club contre son club. Ce n’était pas plus gros que ça. » 

« Ce n’est pas ma victoire à moi, c’est la victoire de l’Avangard. C’est une équipe qui gagne, pas un coach ou un seul joueur. Quand l’équipe gagne, je sais que je fais mon travail. » 

Avec Kovalchuk et Emelin

Dans les minutes qui ont suivi la victoire au sixième match contre le CSKA, Hartley a surpris bien du monde en glissant quelques mots en russe. 

« Je ne parviens pas à dire des phrases, je baragouine le russe, a-t-il répliqué en riant. Je connais beaucoup de mots et de verbes. Je peux passer mon message avec les joueurs qui ne maîtrisent pas parfaitement l’anglais pour qu’ils me comprennent. Les termes de hockey restent universels. Ça fait maintenant trois ans que je suis en Russie. Pour moi, c’est important de me tremper dans la culture. C’est une question de respect. Moi, il n’y a pas de politique. Je fais du hockey, mais je respecte l’héritage des pays qui m’accueillent. »

Hartley a partagé cette victoire avec un ancien complice de ses jours avec les Thrashers d’Atlanta, Ilya Kovalchuk. 

« C’était un moment magique de gagner avec Ilya. Il était notre capitaine depuis la perte d’Alexeï Emelin. Kovy est vraiment une bonne personne. Et j’étais heureux de revoir Emelin dans l’entourage. Il y avait des histoires inventées avec lui par des médias de Kazan. Il n’a jamais subi une transplantation du foie, il avait subi une réaction à des médicaments pour soigner une contusion à une jambe [charley horse]. »

Une conquête célébrée avec Raymond Bourque, Patrick Roy et Joe Sakic.
Photo d'archives
Une conquête célébrée avec Raymond Bourque, Patrick Roy et Joe Sakic.

Emelin, qui a participé à 12 des 24 matchs en séries, n’était pas le seul éclopé dans le camp de l’Avangard. 

« Nous étions les négligés au deuxième tour, en demi-finales et en finale. Il n’y a personne qui nous voyait comme les gagnants. Mais bang, on a réussi. Il y a des gars qui jouaient malgré une fracture à une main, une fracture à un doigt, des élongations musculaires et toute la patente. De mémoire, on avait sept réguliers sur la touche. Malgré ça, on a trouvé des façons de gagner. » 

Toujours sous contrat

Sur le plan contractuel, Hartley a encore une année à son entente avec l’Avangard. 

« On jouera encore à Balachikha l’an prochain et pour la saison 2022-2023, l’Avangard retournera dans un aréna flambant neuf à Omsk. J’ai déjà dit que j’aimerais vivre la première saison à Omsk. Mais on verra. J’ai encore la passion, la victoire me donne du gaz. »

À court terme, Hartley dirigera la Lettonie au Championnat du monde qui se déroulera justement à Riga du 21 mai au 6 juin. Il aura comme objectif de décrocher une qualification pour la Lettonie aux Jeux olympiques de 2022, qui auront lieu à Pékin. 

Avant de rentrer au Québec et de retrouver sa femme, sa fille, son fils et ses petites-filles, Hartley passera donc les prochaines semaines à Riga. Pour l’amour du hockey. 

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