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Des campeurs montréalais expulsés lundi

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Un groupe de campeurs installés sur un terrain appartenant au ministère des Transports du Québec (MTQ), dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, sera expulsé lundi.

L’éviction de ces campeurs installés sur la rue Hochelaga, près du boulevard de l’Assomption, a été confirmée à TVA Nouvelles par une porte-parole du MTQ.

Un avis d’éviction a d’ailleurs été transmis à ces occupants en situation d’itinérance il y a quelques semaines.

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

La tension a monté d’un cran en matinée, dimanche, quand des citoyens ont décidé de cadenasser la porte donnant accès au site et ont stationné une camionnette devant la clôture.

Risques pour la sécurité

L’éviction des campeurs a été ordonnée en raison de craintes liées à la sécurité, selon le MTQ.

«Le ministère des Transports a reçu un avis du Service incendie de la Ville de Montréal qui indiquait qu’il y avait des risques importants pour la sécurité des campeurs», a affirmé Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ.

Des représentants du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) étaient d’ailleurs sur place, dimanche, et ont demandé aux campeurs de garder l’endroit accessible en retirant le cadenas et les chaînes sur la porte.

Ils ont également convenu avec les personnes installées sur le site de ne pas faire de feu sur le terrain.

Un rapport du SIM daté de lundi dernier et consulté par TVA Nouvelles fait état de leurs préoccupations en matière de sécurité incendie.

On y parle de tentes de camping, de vieilles roulottes et de bâtiments «de fortune» n’offrant aucune résistance au feu.

Le SIM craint notamment qu’il puisse y avoir une propagation très rapide des flammes dans le cas d’un incendie.

On y note aussi beaucoup de végétation très combustible autour des installations qui, par temps sec et lorsque venteux, provoquerait une propagation très rapide d’un feu sur une grande superficie.

Aucun dispositif de détection d'incendie n’est présent dans les bâtiments des campeurs, ce qui augmente grandement le danger pour les vies des individus.

Les accès au site étant très limités, le temps d’intervention pourrait être très long si, par exemple, l’incendie se situait à l'extrémité sud de ce terrain et particulièrement vers l’ouest, où le sol est très marécageux, donc impossible d’y accéder avec les véhicules, peut-on lire dans le rapport.

Refus de partir

Les occupants ont affirmé ne pas avoir l’intention de partir de l’endroit.

«Ils veulent nous évincer et on va essayer de tenir notre bout. On va essayer de rester ici le plus longtemps qu’on peut», a affirmé Guylain, un homme qui vit à cet endroit boisé depuis environ un mois.

Ce dernier demande «un peu de cœur et de compassion» de la part de la Ville de Montréal.

«On n’est pas ici pour détruire, on est venus s’installer. On a ramassé, on a aidé le regroupement ici qui fait le ménage dans le boisé», a plaidé le campeur.

Guylain soutient qu’il ne sait pas où le groupe ira s’installer s’il est expulsé du site qu’il occupe.

«Peut-être à l’arrière de l’hôtel de ville?», a-t-il ironisé.

En point de presse, dimanche, la mairesse Valérie Plante a assuré que la situation était sous contrôle et que les campeurs auront un toit.

«On accompagne aujourd’hui les campeurs. Il y a des lits qui sont disponibles pour eux. On ne peut pas tolérer un campement comme celui-là», a-t-elle commenté.