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«Le succès n'est pas juste une médaille», dit l'entraîneuse derrière le succès de Tessa Virtue et Scott Moir

L’ex-patineuse Marie-France Dubreuil comprend bien l’importance de la santé mentale des athlètes

Marie-France Dubreuil
Capture d'écran tirée du documentaire Pression Marie-France Dubreuil dans les gradins de l’aréna de Verdun, à Montréal, où elle entraîne des patineurs.

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La manière dont on traite les athlètes à l’entraînement peut avoir des conséquences sur le reste de leur vie. C’est avec cette idée en tête que l’ancienne patineuse artistique Marie-France Dubreuil entraîne aujourd’hui de futurs champions.  

«On s’est rendu compte très vite que, pour devenir champion, il faut aussi qu’on soit champion de l’intérieur», explique celle qui a fondé l’Académie de glace de Montréal avec son mari et partenaire, Patrice Lauzon, après une fructueuse carrière en danse sur glace.

«Le succès n’est pas juste une médaille. La médaille, c’est bon sur le moment. Après, on la met dans un tiroir. Mais qu’est-ce qui reste après la médaille? C’est l’expérience, c’est le cheminement. C’est ce que tu as appris. Est-ce que tu t’es rendu aux Olympiques, heureux tous les jours lors des entraînements, ou est-ce que c’était pénible? L’entraînement mental fait toute la différence», soutient-elle. 

Entraînement mental

Depuis quelques années, dans le milieu de la danse sur glace, tous les regards sont rivés sur l’école de Marie-France et Patrice, située à Montréal. Quel est le secret de leur succès?

Il y a quelques années, il y avait «très peu d’échange, de compréhension ou de dialogue dans la croissance et l’apprentissage du patineur», explique Marie-France. 

Elle a décidé de faire les choses à l’inverse. 

«Il y a 10 ans, j’ai dit à Patrice que je ne voulais pas juste montrer une belle technique aux gens qu’on entraîne. Parce que je sais qu’on a un impact sur le reste de leur vie. Pour y arriver, je vais les entraîner tant physiquement, artistiquement et mentalement qu’émotionnellement. Ces outils qu’on va leur apporter vont leur servir beaucoup plus loin que le podium et la médaille.» 

Et force est de constater que ça fonctionne. Ils sont devenus des références et leur école se positionne comme l’une des meilleures au monde. 

Dubreuil et Lauzon sont derrière les succès des médaillés olympiques Tessa Virtue et Scott Moir ainsi que de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron. 

Sur cette photo prise aux Jeux olympiques de PyeongChang, on voit, de gauche à droite, les champions olympiques Tessa Virtue et Scott Moir, Marie-France Dubreuil, l’entraîneur Romain Haguenauer, les patineurs Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, ainsi que Patrice Lauzon.
Photo courtoisie
Sur cette photo prise aux Jeux olympiques de PyeongChang, on voit, de gauche à droite, les champions olympiques Tessa Virtue et Scott Moir, Marie-France Dubreuil, l’entraîneur Romain Haguenauer, les patineurs Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, ainsi que Patrice Lauzon.

Qu’on parle de blessures, de commotions cérébrales ou d’alimentation, Marie-France est sans équivoque: le corps doit être respecté. Il ne faut pas négliger les protocoles médicaux, l’athlète doit bien manger avant et après l’entraînement, et il faut savoir parler aux athlètes pour défaire les tabous. 

«La manière dont tu abordes un sujet, c’est très important. Il faut surtout les encourager à être en santé. Les patineurs doivent bien comprendre la nutrition [...] Les filles savent que, si, un week-end, elles mangent mal, ça ne va pas paraître à l’œil au retour sur la glace, mais leurs performances ne seront pas aussi bonnes», explique-t-elle.  

  • Écoutez la journaliste Marie-Christine Noël et Julianne Séguin, ex-patineuse artistique, avec l’animateur Jean-François Baril dans son balado Avantage NumériQ  

En d’autres mots, il faut bien manger pour bien performer, et non pour bien paraître.

Elle détestait la pesée

Pour ce qui est de la pesée, Marie-France avoue avoir toujours détesté ça. À l’adolescence, elle se souvient que des jeunes filles pleuraient lorsqu’elles devaient monter sur la balance. Dans son cas, on lui a même déjà demandé de gagner 20 lb, car on la trouvait trop mince. Elle n’avait que 13 ans.  

Aujourd’hui, elle laisse la pesée aux professionnels, au besoin. 

«On a déjà pesé deux couples afin de s’assurer que la différence de poids entre les deux athlètes ne mettait personne en danger lors des portés. J’avais peur de travailler certaines prouesses techniques s’il n’y avait pas assez d’écart entre les deux.» 

Marie-France Dubreuil (46 ans)  

  • Patinage artistique en danse sur glace   
  • Fondatrice de l’Académie de glace de Montréal   
  • Championne canadienne en 2000 et de 2004 à 2007   
  • 12e aux Jeux olympiques à Salt Lake City en 2002             

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