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La tête dans le sable

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Photo d'archives, Agence QMI Des résidents menacés d’évacuation temporaire pour travaux majeurs ont affiché leur mécontentement, à Montréal au début avril.

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François Legault refuse de céder au lexique de ses adversaires.

Pas question donc d’adopter l’expression « crise du logement » pour décrire la pénurie qui balaie le Québec.

Rien de surprenant là-dedans, on connaît le personnage.

Le problème semble son désintérêt pour une question qui touche pourtant des milliers de familles québécoises. Et pas juste des familles montréalaises.

Il s’agit de relire le dernier budget pour le constater.

Quelques chiffres

En martelant que son gouvernement accélère la construction de 15 000 logements sociaux promis depuis des lunes, François Legault ne fait que noyer le poisson.

Selon le budget Girard seulement 2411 logements seront construits cette année. Il faudra attendre 2027 pour que l’objectif final soit atteint ! 

Des HLM barricadés depuis deux ans à Saint-Amable, des logements inhabitables et vacants depuis 2014 dans Hochelaga-Maisonneuve, des projets de rénovation inachevés à Laval, la CMM demandait 300 M$ sur cinq ans pour répondre aux besoins. 

Le budget Girard a répondu avec 20 M$ pour la rénovation et la modernisation des unités.

Finalement, le gouvernement Legault fait le minimum. Il dépense les sommes prévues dans l’entente signée l’automne dernier avec Ottawa. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Absent

Objectivement, le problème dépasse largement la question du logement social.

Que dire de la surchauffe immobilière qui fait exploser le prix des maisons jusqu’en Gaspésie ?

Les rénovictions qui jettent des familles à la rue ? Les hausses de loyer astronomiques à Joliette ? 

Le manque d’appartements disponibles de Val-d’Or à Alma, en passant par Granby et Mont-Laurier ?

Quant à Montréal, le gouvernement aime mentionner que le taux d’inoccupation est en hausse par rapport aux années passées. C’est oublier que les logements vacants sont les plus dispendieux, ceux que le vrai monde ne peut pas se payer.

Taxer les maisons et condos vacants appartenant à des non-résidents, ajuster les taxes sur le gain en capital, interdire la vente de maisons sans inspection et garantie légale, les solutions potentielles ne manquent pas. Leur mise en œuvre est certes complexe. 

Une réflexion collective s’impose. 

Or, la ministre responsable de l’Habitation, Andrée Laforest, a plaidé récemment que le temps des élus serait mieux investi à éduquer les locataires qu’à étudier le problème en commission parlementaire.

Vraiment ? La qualité de vie de dizaines de milliers de Québécois dans l’ensemble des régions pèse dans la balance.

François Legault affirmait jeudi que LA crise au Québec en ce moment est la pandémie. Elle a certainement contribué à une tempête parfaite qu’il ne peut plus ignorer.