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L’hôtel Fairmount Reine Elizabeth

19 juin 1964

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

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René-Lévesque, coin Peel
Photo Chantal Poirier
René-Lévesque, coin Peel

1. L’hôtel Le Reine Elizabeth  

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

À l’angle de la rue Peel, entre la place du Canada et le square Dominion, on voit se profiler quelques-uns des édifices les plus connus du centre-ville de Montréal, dont l’hôtel Le Reine Elizabeth. Ouvert en mars 1958, l’hôtel est depuis toujours un établissement de luxe. Il fait partie d’un ensemble, avec la Gare Centrale, destiné à masquer les infrastructures ferroviaires du centre-ville et à offrir un pied-à-terre immédiat aux visiteurs. Son architecte, George Drummond, œuvre déjà pour la compagnie du Canadien National. Il conçoit 160 piliers de béton qui doivent réduire la vibration causée par les trains sous terre. L’un des plus célèbres invités de l’hôtel, John Lennon, fait toujours carrière au sein des Beatles en mai 1969, quand il séjourne au Reine Elizabeth avec sa compagne Yoko Ono pour une performance singulière dont ils ont le secret : un bed in pour la paix. Chantant en pyjama sur leur lit de la suite 1742, ils y créent la chanson Give Peace a Chance.

2. L’autobus Ville-Marie  

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

Sur le boulevard Dorchester en 1964, pour rentrer chez soi, il faut prendre l’autobus Ville-Marie. Qu’on demeure dans l’est ou dans l’ouest, on n’a guère le choix : le métro n’est pas encore prêt ! La plupart des autobus transitent à l’époque par le terminus Craig, sur l’actuelle rue Saint-Antoine, un édifice conçu au départ comme terminus de tramways. Donc, pour prendre la ligne verte, madame Bertrand, avec ses paquets de chez Eaton, devra prendre son mal en patience. Ce fameux train souterrain que tant de maires de Montréal promettent depuis si longtemps ne sera inauguré qu’à l’automne 1966. En plus, l’énergique maire Drapeau annonce la tenue d’une exposition universelle en 1967. « À Montréal ? Mais où ils vont installer ça, pour l’amour du Ciel !? » Sur des îles artificielles, madame Bertrand. Juste à côté de l’île Sainte-Hélène. 

3. Une rue de grands hommes  

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Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal

En 1964, l’autobus roule sur le boulevard Dorchester, qui n’est pas encore devenu le boulevard René-Lévesque. Ce dernier est alors un jeune ministre dans le gouvernement libéral de Jean Lesage. Quant au lord Dorchester, c’est Guy Carleton qui se cache derrière ce titre. Carleton aura été le gouverneur de la province de Québec, entre 1768 et 1791, au moment de l’Acte constitutionnel. L’intitulé de baron Dorchester est créé pour lui en 1786. Quant à René Lévesque, on annonce que son nom remplacera celui de Dorchester sur le grand boulevard en 1987, deux semaines à peine après son décès. Sa carrière l’a mené de la Société Radio-Canada à la création d’Hydro-Québec, deux institutions installées sur cette artère. L’importance de Lévesque dans l’histoire récente du Québec explique la vitesse de ce changement. La mesure déplaît cependant à la population de Westmount, traditionnellement anglophone. Dans cette ville, l’artère porte d’ailleurs toujours le titre du gouverneur Carleton.