/misc
Navigation

Ma mission est de sauver des vies

Dr François Marquis
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Depuis le début de la pandémie, le Dr François Marquis, chef de service des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, est sollicité à plusieurs tribunes médiatiques pour analyser la situation. 

Lundi soir dernier, j’ai communiqué avec le Dr Marquis à sa résidence. J’ai amorcé la conversation en lui disant que je n’avais pas l’intention de lui parler de la COVID-19 ni de lui demander des conseils de santé, mais plutôt de parcourir de beaux moments de sa jeunesse.

Il s’est versé un excellent verre de vin et je l’ai accompagné avec un verre de lait froid.  

De quel endroit êtes-vous natif ?

Je suis né à Greenfield Park, mais pas longtemps après ma naissance, mes parents, Serge Marquis et Francine Boisvert, se sont établis à Candiac.

Est-ce que vos parents étaient sévères ?

Ils m’ont donné toutes les opportunités que je voulais, mais lorsque je dépassais les bornes, ils étaient toujours présents pour me diriger vers le bon chemin. 

Aimez-vous la lecture ?

En maternelle et en première année, je me rendais tôt dans ma classe pour lire environ deux livres par jour. À la fin du primaire et au début du secondaire, je lisais deux livres par semaine, entre autres Le Seigneur des anneaux et les romans de science-fiction de l’univers de Dune.  

Vos parents ont économisé pour vous permettre de faire un voyage ?

Pendant plusieurs années, ils se sont privés de beaucoup de sorties afin d’économiser assez d’argent pour permettre à ma sœur et moi de faire un voyage de six semaines avec eux en France. Cela me touche encore aujourd’hui. 

Quelle influence vos parents ont eue sur votre sœur Dominique et vous ?

Ils ont donné un piano à ma sœur, qui est aujourd’hui prof de musique. À l’âge de 11 ans, lors d’une soirée mémorable de l’Halloween, ils m’ont donné un ordinateur que j’ai utilisé jusqu’à la fin de mon secondaire. 

Comment un ordinateur peut-il fonctionner aussi longtemps ?

Au cégep, j’ai ouvert ma première compagnie de vente d’ordinateurs, ce qui m’a permis d’améliorer ma situation. 

Êtes-vous un passionné du plein air ?

Nous passions nos étés sur la ferme laitière de mes cousins à Durham-Sud. Nous partions dans le bois à la découverte de la nature.

Vous avez vécu trois nuits dans le bois sans approvisionnements ?

On ne meurt pas parce qu’on n’a pas bien mangé pendant trois jours. Ma passion de la nature m’a permis ainsi qu’à mes collègues du camp de survie de découvrir les richesses comestibles des bois et sous-bois. On était solidement dans le milieu de nulle part ! 

Pourquoi êtes-vous devenu docteur ?

J’ai appris à être sauveteur dans la même piscine que celle utilisée lorsque la scène du film d’Elvis Gratton a été tournée. Quand je voulais en faire plus, l’instructeur me disait que je ne pouvais pas le faire, sauf si j’étais un docteur, alors j’ai décidé de devenir docteur.

Avez-vous eu des difficultés à l’école ?

Oui. Au primaire et au secondaire, je frisais le 100 %. Une fois au cégep, j’ai dû apprendre à apprendre. À mon premier examen de maths, j’ai eu un flamboyant 32 %. J’ai remis en question mon choix d’études. Mon collègue de classe Richard Chevalier m’a aidé à comprendre les maths. Deux ans plus tard, sur un total de 60 étudiants, ils n’en restaient plus que 16. 

Vous étiez quatre qui demeuriez dans un appartement un et demie ?

C’était seulement pendant la crise du verglas, mais cela m’a paru comme une éternité. 

Comment pouviez-vous vivre dans un tel environnement ?

J’étais de garde à l’Hôpital Saint-Luc, ce qui m’obligeait à travailler beaucoup d’heures tardives. Je mangeais à la cafétéria de l’hôpital. Accessoirement, on allait souvent à la pizza du coin. 

Vous fabriquez vos propres crayons et plumes ?

J’aime travailler le bois. Un patient m’a appris comment fabriquer mes propres plumes et crayons.

Est-ce que vous aimez cuisiner ?

À la maison, on fait de l’archéologie culinaire, du BBQ en masse et des mets japonais. 

Aimez-vous la friture ?

À la maison, je ne fais pas de friture, car j’ai peur de me brûler. Cependant, j’en profite une fois arrivé au restaurant. 

Quelles sont votre musique et votre danse favorites ?

J’aime l’opéra, la musique classique et le ballet. 

Votre début de carrière de médecin est assez inusité.

Le vendredi soir, je terminais mon séjour de résident alors que j’étais de garde à l’Hôpital Saint-Luc. Le lundi matin, j’ai amorcé ma carrière de docteur au même endroit, car j’ai dû remplacer un des médecins qui était malade. Une semaine plus tard, je me suis joint au personnel de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. 

Pourquoi pratiquez-vous la médecine dans l’est de Montréal ?

J’étais moniteur au Camp Saint-Donat, alors que les jeunes parvenaient de la DPJ et de Centraide. Grâce à cette expérience, j’ai appris à connaître ce que les gens de l’est de Montréal vivent.

Avez-vous aimé travailler en région ?

Rouyn m’a inspiré pour travailler en région. Pendant de nombreuses années, je travaillais deux semaines en région après un séjour de cinq semaines à Montréal. 

Pourquoi avez-vous choisi le secteur des soins intensifs ?

Ma mission est de sauver des vies.