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Mason Toye et l’importance de l’art

Il a renoué avec cette passion dans les derniers mois

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Photo d'archives, USA TODAY Sports Mason Toye (numéro 13, à la droite extrême) est un fin renard autour du filet adverse, mais c’est aussi un individu qui a besoin d’une soupape et l’art en est une très bonne pour lui.

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On a souvent tendance à percevoir les athlètes professionnels comme des mordus qui ne vivent que pour leur sport et dans certains cas, c’est vrai. Mais ce n’est certainement pas la norme.

Prenons par exemple Mason Toye. L’attaquant du CF Montréal est très loin d’être unidimensionnel.

C’est un amateur d’art élevé par un père passionné de sports, mais aussi par une mère artiste peintre qui a eu une grande influence sur lui.

« L’art a toujours été prépondérant dans notre famille », admet-il lors d’une récente conversation téléphonique.

« Ma mère tirait sa principale source de revenus de sa peinture quand j’étais adolescent, mais elle avait toutefois besoin de retrouver la vie de bureau et travaille maintenant à la Harlem School of Arts. Elle vend toujours des tableaux et elle collectionne un peu. »

Reliés 

Pour Mason Toye, le sport et l’art sont deux univers qui vont bien ensemble même s’il serait facile de penser le contraire.

« Pour moi, l’art et le sport s’agencent bien. J’ai toujours adoré étudier la technique dans le sport et je crois que ça se transpose dans l’art. Il y a quelque chose de très artistique dans un beau but et dans la construction. »

Et si l’on regarde les buts qu’il marque, on ne peut que lui donner raison puisqu’il frappe avec fluidité et précision, un travail d’artiste.

« Les artistes comme les athlètes développent leur propre technique en prenant des petits détails d’autres artistes et athlètes. »

C’est un sujet qui le passionne et il l’avoue sans détour.

« Je pourrais vous en parler pendant toute la journée. »

Retour

Si l’on a discuté d’art avec l’attaquant de 22 ans, c’est parce qu’il s’est remis à la peinture et au dessin pendant la saison morte.

« J’en faisais quand j’étais jeune et j’ai recommencé il y a quelques mois. J’aime surtout dessiner et mettre mes idées sur papier. Je cherche encore ma niche. Je cherche encore l’artiste en moi et c’est ce que j’aime le plus faire. »

Pour le moment, il ne peut pas s’exprimer sur papier puisque tout son matériel est dans sa voiture, qui devrait bientôt arriver en Floride, où se trouve l’équipe.

Et quel est son médium de choix ? Il adore dessiner, mais a un penchant pour la toile.

« Quand j’ai les ressources nécessaires, la peinture est mon médium de choix et j’aime faire un peu de tout », résume Toye, qui est bien supervisé dans ses démarches artistiques.

« Ma mère m’a suggéré de travailler sur la technique en trois dimensions et sur les ombrages. »

Soupape

On l’a mentionné d’entrée de jeu, les athlètes sont souvent très pris par le sport, alors pour Mason Toye, dessiner ou peindre est une forme d’exutoire.

« C’est une soupape, on laisse l’instinct et l’esprit aller pour voir ce que ça va donner, c’est souvent dans ce temps-là qu’on fait les plus belles choses. »

« Et ça s’applique aussi au soccer, mes plus beaux buts sont ceux qui sont marqués par instinct au gré du jeu. »

Pour l’Américain du New Jersey, c’est aussi une façon de laisser tomber les masques.

« Je ne me cache derrière rien d’autre, je vis dans le moment quand je peins ou je dessine. »

Au musée

Et pendant que ses coéquipiers se détendent dans leur chambre ou font les boutiques quand l’équipe est à l’étranger, il opte parfois pour une activité qui plairait à Laurent Duvernay-Tardif, grand amateur d’art.

« Quand j’en ai le temps, il m’arrive d’aller visiter des musées quand on visite une ville. »

Et même s’il n’a passé qu’un mois à Montréal cet hiver, il a déjà fait des démarches pour s’initier à la vie culturelle de la ville.

« J’ai déjà ma carte de membre au Musée des Beaux-arts de Montréal. Je n’ai pas encore eu le temps d’y aller, mais je vais le faire dès que nous serons de retour en ville. »

Pour rester

L’arrivée de Toye avec le club montréalais s’est faite dans un contexte particulier puisque plutôt que de rejoindre l’équipe à Montréal l’automne dernier, il s’est retrouvé dans son New Jersey natal, domicile temporaire du club en 2020.

Mais il a entrepris des démarches pour s’installer dans la métropole parce qu’il a l’intention d’y rester longtemps et parce que c’est une ville qu’il a rapidement appris à apprécier en la visitant.

« J’ai un appartement à Montréal depuis le mois de janvier et j’adore le quartier où j’habite, je l’ai apprécié pendant le mois que j’y ai passé. »

« Mais c’est aussi un peu idiot parce que je paie actuellement un loyer pour un endroit où je ne vis pas. Mais je sais que ce ne sera pas ma seule année ici et qu’on va aussi revenir en ville éventuellement. »

On vous le dit, Mason Toye n’est pas un athlète professionnel typique. Il faut un peu penser à Amir Lowery, un passionné de photographie qui a passé la saison 2011 avec l’Impact. Un artiste doublé d’un bon athlète. 

Un changement nécessaire 

Mason Toye n’est pas tombé en bas de sa chaise quand le Minnesota United FC l’a échangé à l’Impact le 1er octobre 2020 en retour de 600 000 $ en allocation.

Comme il est arrivé avec l’équipe en fin de saison et pendant une période de morosité au sein du groupe, il n’a pas été en mesure de se rendre justice, mais on voit un autre genre de joueur depuis le début de la saison.

On voit un jeune homme plus déterminé et plus concentré sur la tâche qui est conscient des attentes que l’on place en lui.

« Quand on t’échange pour une si grosse somme d’argent, l’équipe veut que tu offres des performances. Il y a plus d’attentes. »

Jeune

Toye a été repêché jeune à seulement 19 ans, soit quelques mois après sa première et seule saison de soccer universitaire avec les Hoosiers de l’Indiana, qui avaient atteint la finale de la College Cup à l’automne 2017.

Le jeune sortait d’une saison de rêve et a été appelé au septième rang par le Minnesota, et il a l’impression de ne pas avoir été en mesure de se défaire de l’étiquette de jeune joueur.

« D’une certaine façon, oui, on nous protège un peu comme jeune joueur quand on est repêché par une équipe. »

« On te regarde longtemps comme ce jeune joueur de 19 ans. Mais je pense que c’est aussi partiellement de ma faute. Je devais continuer de prendre de la maturité. »

Croissance

Après une saison d’intégration en 2018, Toye a connu une très bonne année 2019 avec six buts et trois passes, puis a vécu une traversée du désert en 2020.

La transaction qui l’a envoyé à Montréal est donc arrivée au bon moment pour lui.

« J’avais peut-être besoin de partir pour continuer de progresser comme joueur et comme personne. J’avais besoin de ce changement. »

« J’étais très à l’aise là-bas, on ne me donnait peut-être pas assez de responsabilités. Ce n’était pas une question de complaisance, ce n’est pas dans ma nature. »

Il lui manquait un défi qui allait lui permettre de se dépasser et de franchir la prochaine étape dans sa carrière.

« J’avais besoin de quelque chose de différent afin de me propulser vers l’avant. Je devais aussi devenir plus constant dans mon jeu. Il fallait que je quitte ma zone de confort afin d’essayer de trouver quelque chose de nouveau. »

Et que pense-t-il des critiques qui viennent avec le boulot d’athlète professionnel ? Il n’en fait pas grand cas.

« Si j’enlève mes chaussures d’athlète et que je regarde mon équipe de basket préférée et qu’elle ne va pas bien, je vais aussi me plaindre. »

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