/finance/business
Navigation

Négociations: sortie publique des employeurs en construction

Coup d'oeil sur cet article

Deux organisations représentant des milliers d’employeurs dans le milieu de la construction ont fait des sorties publiques, dimanche, pour détailler les offres patronales en vue du renouvellement des conventions collectives dans l’industrie et dénoncer leur rejet par les syndicats.

• À lire aussi: François Legault demande aux syndicats d’intensifier les négociations

• À lire aussi: La FTQ veut une bonne offre pour tous les métiers

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), qui représente quelque 15 200 employeurs du secteur résidentiel, a expliqué avoir offert des augmentations totalisant 8,5 % sur quatre ans aux travailleurs du secteur résidentiel et de 7,5 % pour le résidentiel lourd lors d’une offre déposée le 22 avril.

L’APCHQ évalue que la hausse de rémunération atteindrait même «11,3 % pour le résidentiel léger et 10 % pour le résidentiel lourd» en tenant compte la bonification des avantages sociaux.

De son côté, l’Association de la construction du Québec a invité, dans un communiqué distinct publié au même moment, les syndicats à réévaluer une offre totalisant 7,5 % d’augmentation sur quatre ans.

«Nous avons négocié de bonne foi, jusqu’au bout de notre mandat. [...] Dans ce contexte, l’APCHQ a fait preuve de créativité, sans perdre de vue les particularités du secteur résidentiel, notamment le respect de la capacité de payer des consommateurs», a soutenu par communiqué François Bernier, vice-président principal aux Affaires publiques de l’APCHQ.

En contrepartie des augmentations, les organisations patronales réclament que les entrepreneurs commencent à adopter des outils électroniques pour comptabiliser les heures travaillées des employés.

Offre insuffisante

«Nous sommes d’accord avec l’utilisation de certaines applications sur certains appareils», a répliqué Éric Boisjoly, porte-parole pour l’Alliance syndicale de la construction et directeur général de la FTQ-Construction, en entrevue avec l’Agence QMI.

Selon lui, le recours à des technologies électroniques pour calculer les temps de travail soulève certains enjeux de protection de la vie privée, par exemple pour la géolocalisation, qui doivent être examinés par les syndicats.

Plus généralement, M. Boisjoly s’est montré peu impressionné par la sortie publique de l’APCHQ et de l’ACQ. «Ce n’est pas totalement la vérité de ce qui s’est passé vendredi à la table de négociations», a-t-il laissé entendre, en reconnaissant cependant que les offres patronales sont jugées insuffisantes par les syndicats.

Le porte-parole de l’Alliance syndicale, qui regroupe cinq syndicats représentant environ 195 000 travailleurs, a aussi rappelé que le gouvernement du Québec mise sur l’industrie de la construction pour assurer la relance économique post-COVID et que ses membres sont demeurés au travail pendant pratiquement toute la pandémie.

Ces sorties publiques surviennent alors que les conventions collectives des travailleurs de la construction sont arrivées à terme vendredi, sans qu’aucune entente ne soit signée.

L’APCHQ a assuré qu'elle est prête à poursuivre les négociations pour en venir à une entente et qu'elle attend des nouvelles du ministère du Travail sur le processus de médiation. Advenant que ce dernier ne serait pas prolongé de 30 jours, travailleurs et employeurs pourront commencer à exercer leur droit de grève ou lockout dès le 21 mai prochain, a prévenu l’organisation.

L’Alliance syndicale, de son côté, a aussi indiqué qu’elle attend des nouvelles pour la médiation et qu’elle entend poursuivre les négociations.