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Tatoueurs professionnels inquiétés par des amateurs

Un encadrement de la profession demandé pour éviter des désastres

Stéphanny Bossé
Photo courtoisie Stéphanny Bossé, propriétaire du studio Rodeo Tattoo Arts à Sherbrooke, dénonce les tatoueurs amateurs qui ne respectent pas les règles de salubrité les plus élémentaires selon elle.

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Des professionnels du tatouage s’inquiètent de voir de plus en plus d’amateurs s’improviser tatoueurs grâce à internet, ce qui donne souvent de piètres résultats.

« Il y a des mauvais tatouages qui finissent à l’hôpital en infection. Ça n’arrive pas souvent, mais quand même trop souvent », déplore Stéphanny Bossé, qui gagne sa vie avec sa passion depuis dix ans maintenant. 

Tatoueuse reconnue en Estrie, elle ne peut évidemment pas concurrencer les tarifs proposés par les amateurs.  

Et pour cause : s’équiper pour ouvrir son studio lui a coûté quelques milliers de dollars, alors que l’on peut facilement trouver des aiguilles et de l’encre pour moins d’une centaine de dollars sur internet. 

« Si tu commandes sur Amazon ou eBay, tu n’as aucune idée de ce qui se retrouve dans l’encre. C’est très grave, parce que même l’encre approuvée par Santé Canada que l’on utilise peut provoquer des allergies », poursuit la tatoueuse Insuk Boutin, qui craint également une recrudescence des cas d’hépatites, considérant les conditions d’hygiène lamentables dans lesquelles les amateurs œuvrent souvent. 

Prudence

Mme Boutin implore donc les parents d’être particulièrement alertes, surtout que la mode des tatouages commence maintenant dès l’âge de 13-14 ans. 

« Je vois beaucoup d’horreurs qui ont été faites sous alcool pendant des partys », constate celle qui a appris le métier aux côtés d’une tatoueuse d’expérience de Québec. 

Il n’existe pas cependant de formation particulière pour vivre de cet art au Québec, et il s’agit sans doute de l’une des causes du problème. 

Car pour se tailler une place dans ce milieu, il faut inévitablement apprendre par soi-même au départ. 

Pas facile d’apprendre

« Ça m’a pris dix ans avant d’être embauchée dans une shop. Moi aussi, j’ai commencé à quinze ans avec du matériel cheap en me pratiquant sur mes amis. Ce n’est vraiment pas facile devenir l’apprentie de quelqu’un », se souvient Alexandra Morissette, maintenant d’avis avec le recul que certaines pratiques dans l’industrie devraient être mieux encadrées. 

Stéphanny Bossé va même jusqu’à parler d’un ordre professionnel. 

« Tu ne peux pas trouver un scalpel comme ça sur internet. Une machine à tatouage aussi, ça peut briser la peau si on ne sait pas comment l’utiliser », raisonne-t-elle.