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Les fusillades doivent être un enjeu électoral

Des Montréalais sont inquiets qu’il y ait eu au moins 16 crimes avec armes à feu dans un petit quadrilatère de l’est

Comprendre la comorbidité

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L’explosion des fusillades dans l’est de Montréal doit devenir un enjeu électoral, plaident des citoyens de Rivière-des-Prairies, qui habitent un des secteurs chauds où de multiples balles ont été tirées dans les derniers mois.

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«C’est un choc d’entendre des coups de feu, de voir des ambulances venir en face de chez toi. On a constamment peur que des balles volent à travers la fenêtre», lance Alicia Genaille, 17 ans, qui a passé son adolescence dans l’un des quartiers sous tension de la métropole.

En face de chez elle, des coups de feu ont récemment été tirés à deux reprises, d’abord le 6 avril, puis le 26 avril. Lors de ce dernier événement, un ou des suspects ont tiré en direction d’un immeuble à logements situé à l’intersection de la rue Jacques-Rousseau et de l’avenue Élie-Beauregard.  

  • Écoutez la mairesse de Rivière-des-Prairies - Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Pas plus tard qu’hier soir, des coups de feu ont été entendus et la police a découvert des projectiles au coin de l’avenue Juliot-Curie et de la rue Huguet-Latour.

Ce dernier incident est le 16e par arme à feu à survenir dans un quadrilatère d’environ deux kilomètres carrés depuis 2019, selon une compilation effectuée par Le Journal

Et ce chiffre alarmant ne compte pas les crimes qui ne sont pas rapportés à la police ou ceux qui ne sont pas rendus publics. 

Autorités et politiciens 

Depuis des mois, les fusillades dans le nord-est de la ville retiennent l’attention. Les autorités ont dit maintes fois qu’elles interviendraient, en créant notamment une escouade dédiée à la lutte au trafic d’armes. 

Malgré tout, les coups de feu se multiplient. Et une importante concentration de ces crimes est commise dans l’arrondissement de Montréal-Nord et le quartier Rivière-des-Prairies. 

«Il va bientôt y avoir des élections municipales [en novembre], je m’attends à des actions. Il faut interpeller Valérie Plante, même Denis Coderre [qui se représente]. Ils vont faire quoi pour nous aider avec cette situation préoccupante?» s’indigne un homme de Rivière-des-Prairies qui a entendu des coups de feu à deux occasions le mois dernier.

Il montre du doigt notamment les logements sociaux vétustes en face de chez lui, où sont survenus quatre événements violents avec armes à feu depuis novembre. 

«Mettre tous ces HLM ensemble, ça fait des ghettos. Il y a une trop grande concentration de gens qui sont délinquants», déplore-t-il, en demandant de taire son nom par crainte de représailles de gangs.

Encadrer les jeunes

Alicia Genaille croit pour sa part qu’on doit investir pour aider les jeunes, qui sont majoritairement impliqués dans les fusillades des dernières années. 

«Les jeunes du quartier, ils prennent exemple sur les autres jeunes. Il faut donc travailler pour améliorer leur situation. Pourquoi pas un petit centre pour les jeunes? Pour les aider, les encadrer», suggère celle qui a vu des amis se tourner vers de mauvaises fréquentations récemment.

Un policier à la retraite croit pour sa part qu’il est urgent de continuer la pression sur les gangs de rue. 

«C’est évident que la question n’est pas à savoir si une autre victime innocente va mourir, mais bien quand ça va arriver», s’indigne Stéphane Wall, en faisant référence à la jeune Meriem Boundaoui, tuée en février lors d’une fusillade dans l’arrondissement de Saint-Léonard, dans l’est de l’île. 

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