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Un autre été chaud redouté après un hiver mouvementé

Pierreson Vaval
Photo Olivier Faucher Pierreson Vaval, directeur de l’organisme Équipe RDP, est inquiet de constater autant de violence dans le quartier Rivière-des-Prairies.

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Des élus et des organismes craignent qu’une nouvelle vague de violence déferle sur l’est de Montréal cet été, devant le trop peu de mesures qui ont été prises pour contrer le problème depuis l’an dernier.

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« Présentement, la situation est critique. S’il n’y a pas plus d’actions mises en place, c’est une crise qui a beaucoup de chances de s’intensifier pendant l’été », s’inquiète Pierreson Vaval, directeur d’Équipe RDP, un organisme qui aide les jeunes du quartier Rivière-des-Prairies. 

Ce secteur et d’autres quartiers du nord-est de Montréal ont connu une explosion d’événements impliquant des coups de feu. Cette vague s’est poursuivie jusqu’en hiver, qui est habituellement synonyme d’accalmie.  

Beaucoup de tensions 

Le nombre important de fusillades survenues lors des mois plus froids a été anormalement élevé, croit l’ex-policier Will Prosper, cofondateur de l’organisme Hoodstock, qui œuvre à Montréal-Nord. 

« C’est quelque chose que je n’avais jamais vu. Je suis profondément inquiet pour l’été. » 

« Les tensions qu’on a vues en hiver ne sont pas disparues, ajoute M. Prosper. Ce qu’on ne voit pas, c’est qu’il y a beaucoup de tensions sur les médias sociaux et d’échanges violents. Les jeunes sont vraiment laissés à eux-mêmes sur le numérique. » 

En réponse à cette crise, le Service de police de la Ville de Montréal avait créé une escouade de lutte contre le trafic d’armes. La Ville de Montréal avait investi 1,4 million $ dans des organismes communautaires qui font de la prévention. 

C’est insuffisant pour affronter le problème, reconnaît la responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, Caroline Bourgeois. 

« Ça prendrait des sommes beaucoup plus importantes, dit celle qui espérait voir les autres paliers de gouvernement mettre la main à la pâte. Ce sont des choix de société qui doivent être faits. »

C’est ce que pense également la députée libérale de Bourassa-Sauvé, Paule Robitaille, qui déplore que Québec ne s’implique pas plus dans le dossier.

Jeunesse délaissée

« Il y a beaucoup d’activités qui ont été mises à l’écart et il y a des jeunes qui cherchent des passe-temps, pense Kerla Syllion, mère d’une jeune femme de 21 ans dans Rivière-des-Prairies. C’est inquiétant pour eux parce qu’on aimerait qu’ils prennent une autre voie. Les intervenants doivent redoubler de travail. » 

« Ce que j’aimerais qu’on fasse, c’est d’aller chercher les jeunes [chez eux] pour faire des suivis, dit Maria Gerda Osias, 61 ans, mère de quatre enfants dans Montréal-Nord. Il y en a beaucoup qui sont enfermés. »  

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