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Campements : une nécessité plutôt qu’une nuisance?

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Marie Larocque a décidé d’aller vivre au campement du boisé Steinberg pendant une dizaine de jours.

En entrevue à l’émission de Denis Lévesque, sur les ondes de LCN, la Montréalaise est venue parler de son expérience et de cette situation qui l’a grandement interpellée.

Les campeurs sont souvent décrits comme des gens démunis, mais ce portrait est bien loin de la réalité, selon Marie Larocque.

«En allant habiter avec eux, au bout de la deuxième journée, je me suis rendu compte qu’ils ne sont pas démunis du tout. Au contraire, je pense que, comparé à la moyenne des citoyens, ce sont des gens qui sont beaucoup plus débrouillards et créatifs», a-t-elle affirmé mardi.

Mais s’il y a une chose qui manque à ces personnes, c’est la solidarité de la société, a clamé Marie Larocque.

Elle affirme s’être rapidement intégrée au groupe sur place et se dit fière de ce qu’ils ont réussi à faire ensemble en seulement une dizaine de jours.

«On a fait des choses incroyables et même des choses mesurables, tant au niveau de la baisse de consommation d’alcool que de la réduction des méfaits. C’était formidable de voir ça», a-t-elle rapporté.

Une solution néfaste

Marie Larocque déplore le démantèlement du campement qui s’est déroulé lundi.

Selon elle, les campeurs ont besoin les uns des autres.

«Souvent, ce sont des gens qui n’ont pas de famille, qui n’ont pas de réseau d’amis, donc le réseau de la rue est super important», a-t-elle expliqué.

Marie Larocque comprend parfaitement les sans-abri qui refusent de demeurer dans des refuges. Pour plusieurs, ces emplacements sont des endroits froids et trop réglementés.

«C’est hyperinfantilisant. Il y a des hommes de 60-70 ans qui se font traiter comme s’ils avaient 11-12 ans. C’est très humiliant», a-t-elle affirmé.

Cette dernière est d’avis que les itinérants ne peuvent exprimer leur créativité dans des refuges, notamment par manque de temps et d’espace.

C’est là qu’un campement comme celui du boisé Steinberg devient un lieu intéressant pour un certain nombre de sans-abri, croit-elle.

Marie Larocque estime que la société devrait cesser de voir ces campements comme des nuisances, mais plutôt comme quelque chose de positif.