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Citoyens en faveur des aires protégées: syndrome du «pas dans ma cour», dit le ministre Pierre Dufour

Le ministre de la Forêt Pierre Dufour
Photo d'archives Le ministre de la Forêt Pierre Dufour

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Le ministre de la Forêt Pierre Dufour associe les citoyens qui se battent pour créer des aires protégées au syndrome du «pas dans ma cour» et d'«individus» qui ne veulent pas de coupes forestières «devant chez eux».

«Il semble y avoir des gens qui regardent ça et disent: “pas dans ma cour”. “Je veux avoir du bois pour construire ma maison, mais pas dans ma cour”», a laissé tomber M. Dufour mardi lors de l’étude des crédits budgétaires. 

M. Dufour se faisait questionner par la députée de Québec solidaire Émilise Lessard-Therrien sur des coupes forestières projetées dans un projet d’aire protégée le long de la rivière Péribonka, au Lac-Saint-Jean. Elle juge sa sortie «arrogante».  

Le ministre a indiqué qu’il souhaitait couper 4% de ce secteur pour contrôler la tordeuse du bourgeon de l'épinette. Il s'agit d'un habitat du caribou forestier et il aurait un fort potentiel récréotouristique, selon ses promoteurs.

Ça repousse

M. Dufour estime qu’il cherche à trouver «les meilleures situations qui sont gagnantes-gagnantes», et non pas «pour trois individus qui ne veulent pas d’intervention en avant de chez eux». Il dit également que la forêt, «ça repousse», et il a souligné que l’intervention ne sera plus visible dans «50 ans». 

M. Dufour s’est récemment opposé à la création d’aires protégées au sud du Québec pour ne pas réduire la «possibilité forestière», soit la quantité maximale de bois qu’il est possible de couper chaque année. 

En décembre, le gouvernement Legault a atteint l’objectif de protection de 17% du territoire terrestre en protégeant en très grande majorité des territoires au nord de la limite nordique des coupes forestières. Plus de 80 projets d’aires protégées situés plus au sud, dans des régions comme l’Outaouais, les Laurentides, le Saguenay–Lac-Saint-Jean ou l’Abitibi-Témiscamingue par exemple, ont été écartés. Le ministre de l’Environnement Benoît Charrette a toutefois indiqué qu’ils n’étaient pas morts, et qu’ils pourraient obtenir un statut de protection dans les prochaines années.  

Le ministre Dufour a rappelé de son côté que de nouveaux types d’aires protégés permettant certaines activités commerciales pourraient permettre à Québec de faire des progrès dans ces secteurs.  

Mais la députée Émilise Lessard-Therrien a voulu savoir si le gouvernement Legault envisageait des coupes forestières sur ces territoires avant qu’ils ne soient protégés. Elle n’a pas été rassurée. «Je veux bien croire que la forêt repousse, mais quand ce sont des arbres centenaires qu’on abat, pour retrouver de l’intérêt sur le territoire qu’on protège, ça va prendre des décennies et des décennies», affirme-t-elle.  

Récréotourisme

Elle affirme «qu’aucun de ces ministres» ne s’est engagé à ne pas couper dans les aires protégées projetées. «Il y a un momentum avec la pandémie. Les gens veulent renouer avec le territoire». Elle veut plus d’aires protégées accessibles à la population et elle a l’impression qu’en ce moment, le gouvernement Legault rate le bateau du tourisme de plein air.  

«Dans le cas de la rivière Péribonka, il s’agit d’opposition constructive [aux coupes forestières]. Ce sont des centaines de citoyens mobilisés, qui ont rallié des acteurs régionaux importants, l’industrie touristique, des MRC derrière un projet rassembleur pour mettre ce territoire à profit pour le secteur récréotouristique», laisse-t-elle tomber.