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Manque de main-d’œuvre : Québec doit voir plus «bleu»

Février 2020
Photo d'archives Jean-Francois Desgagnés Février 2020

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Québec devrait revoir sa formule de crédits d’impôt et de subventions salariales pour les compagnies étrangères, tranche le président d’Eddyfi/NDT, dont l’un des défis majeurs est d’avoir les talents nécessaires pour soutenir sa croissance.

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«Le recrutement, honnêtement, cela n’a jamais été aussi difficile que ça», concède au Journal le cofondateur Martin Thériault. 

«Pour nous, la pire place au monde pour recruter, actuellement, c’est à Québec», dit-il.

Selon lui, la province s’appauvrit en aidant les multinationales étrangères, alors que certaines entreprises d’ici peinent à combler leurs besoins de travailleurs en technologie, mais aussi en ressources humaines et en finance. Il rappelle que l’argent investi dans ces compagnies ne revient pas toujours ici.

«Les crédits d’impôt pour la recherche et le développement sont tellement élevés que n’importe qui peut travailler sur une idée technologique pendant cinq ans et ne pas faire d’argent. Tout le monde va tout de même avoir bien vécu pendant ces cinq années», est d’avis M. Thériault.

Ce dernier a été dernièrement forcé d’embaucher du côté de l’Allemagne pour combler certains besoins à travers son organisation. 

«J’aimerais mieux recruter à Québec, mais je n’ai pas le monde», répond-il. 

«Clairement, il n’y a pas assez de travailleurs pour les besoins actuels, alors je pense que le gouvernement devrait réfléchir autrement», ajoute-t-il.Ce n’est pas la première fois que le patron d’une compagnie québécoise sort publiquement sur ce sujet. 

Le président et chef de la direction de Coveo, Louis Têtu, partageait également cette position pour le secteur numérique.

M. Thériault affirme que le gouvernement devrait repenser la formule de subvention pour les entreprises étrangères. Selon le président, ces compagnies vont toutes demeurer au Québec même sans cette aide.

«Une fois que l’écosystème est créé, je pense qu’on devrait ralentir», affirme-t-il. «Je mets le gouvernement au défi d’enlever les subventions à ces compagnies, elles vont rester. Elles n’ont pas besoin de cela», poursuit-il.

Plusieurs offres

Eddyfi/NDT ne cache pas avoir reçu plusieurs offres d’achat non sollicitées ces dernières années, notamment de fonds financiers étrangers. La direction répond vouloir bâtir un fleuron québécois.

«Tous les propriétaires d’entreprises québécoises qui jouent dans le domaine des technologies à l’international ont des offres. Il y en a chaque mois. Nous avons eu des offres et nous y avons pensé. C’est facile de dire que je vais prendre l’argent et je vais aller chez nous, mais après ?», demande M. Thériault, qui préfère miser sur son entreprise.

Eddyfi/NDT cherche présentement à combler une trentaine de postes.