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C’est Cardinal ou un intrus le meurtrier

Deux théories s’opposent au procès de l’homme qui est accusé du meurtre prémédité de sa conjointe

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JOLIETTE  | Une mère de six enfants a-t-elle été sauvagement battue à mort par son conjoint souffrant et endetté ou par un intrus qui a pénétré dans son domicile de Mascouche en pleine nuit ?

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Telles sont les théories qui s’opposent dans le dernier droit du procès de Benoit Cardinal, accusé du meurtre prémédité. Elles ont été exposées hier au jury de neuf femmes et cinq hommes lors des plaidoiries finales, au palais de justice de Joliette.

Les jurés devraient débuter leurs délibérations aujourd’hui, après avoir entendu les directives de la juge Johanne St-Gelais.

Pour la Couronne, il ne fait aucun doute que l’homme de 35 ans a assassiné sa conjointe de 33 ans, le 16 janvier 2020. 

La mère de six enfants a succombé à un traumatisme contondant à la tête, qui découlerait de multiples coups de poing.

D’endetté à millionnaire

« Il était dans un état de désespoir profond dont il ne pouvait se défaire qu’en se suicidant ou en tuant Jaël Cantin », a avancé Me Caroline Buist, qui officie pour la poursuite avec Mes Geneviève Aumond et Valérie Michaud.

En tuant sa partenaire de vie des 16 dernières années, Cardinal réglait deux importants problèmes dans sa vie : une relation qui le faisait souffrir et un endettement critique, a affirmé la Couronne.

C’est que la victime avait souscrit à une assurance-vie d’un million de dollars, dont son conjoint était le seul bénéficiaire.

Photo courtoisie de la Cour

Déjà endetté à un niveau extrême, l’accusé avait quitté son emploi au Centre jeunesse de Laval six jours avant le drame.

Mais l’élément au cœur de ce litige judiciaire, très incriminant pour l’accusé d’après la poursuite, est la confession que Cardinal aurait faite à une adolescente de qui il était très proche.

Selon ce que cette dernière a relaté à la cour, il lui aurait mentionné avoir trois plans pour se débarrasser de sa conjointe.

Faire passer sa mort pour un suicide par pendaison, la pousser dans les escaliers pour faire croire à une chute accidentelle ou simuler une violation de domicile.

Bien que ceux-ci se soient ravisés et aient accusé Cardinal de meurtre, ça ne signifie pas qu’il est coupable, a plaidé la défense hier.

Présomption d’innocence

« Vous devez penser qu’il n’y a pas de fumée sans feu, qu’il a été arrêté parce qu’il a fait quelque chose de mal. Mais si vous réfléchissez comme ça, c’est le contraire de la présomption d’innocence », a prévenu Me Louis-Alexandre Martin, qui représente l’accusé avec Me Ghassan Toubal.

Leur client n’a pas à se justifier et aucune conclusion ne doit être tirée du fait qu’il n’a pas témoigné, a poursuivi le criminaliste.

D’ailleurs, la scène de crime « n’est pas incompatible » avec la présence d’un intrus, a soutenu la défense.

« La biologiste est venue vous dire qu’il n’y avait que l’ADN de Jaël Cantin et de Benoit Cardinal. Mais ce ne sont pas toutes les taches de sang qui ont été prélevées. Ça n’exclut pas la présence d’un tiers sur les lieux », a insisté Me Martin.


Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 / consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr