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Dose d’espoir pour des gens atteints de la COVID longue

Le vaccin aiderait des malades qui souffrent depuis des mois de symptômes

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Atteint de la COVID longue, Denis Proulx, 54 ans, se rend à ses séances d’ergothérapie, comme celle-ci, quatre fois par semaine.

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Des malades souffrant de la COVID longue constatent un soulagement appréciable de leurs symptômes après avoir reçu une dose de vaccin contre le virus, un phénomène qui pique la curiosité de la communauté scientifique.

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« Mon problème depuis que j’ai eu la COVID, c’est la perte très rapide de mon énergie. Sauf que là, je recommence à avoir de l’endurance. Je suis capable de bien faire ma journée », raconte Denis Proulx.

L’homme âgé de 54 ans souffre de ce qu’on surnomme la COVID longue. Ses symptômes perdurent depuis son infection, qui remonte à un an, au point où il est incapable de reprendre le travail. 

Voilà que dix jours après avoir reçu une première dose du vaccin de Moderna, l’ambulancier a senti une « bonne amélioration » de son état de santé. Même son ergothérapeute, qu’il voit quatre fois par semaine, a remarqué le changement positif, soutient-il

Une semaine après avoir reçu une dose de Pfizer, Hélène Landry a également ressenti « une réelle différence » sur son niveau d’énergie. 

« Avant [la vaccination], ma batterie était à zéro. J’étais comme incapable de la recharger. Mais là, je suis capable de passer à travers ma journée si je fais attention pour alterner entre faire des activités et me reposer », explique l’infirmière de 53 ans.   

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Elle reprend l’entraînement

Même constat pour Joanne Dupont, 62 ans, qui rapporte que l’essoufflement et ses difficultés respiratoires ont presque disparu sept jours après avoir reçu une dose de Moderna. « J’ai même pu recommencer très tranquillement à faire des entraînements et à faire de plus longues marches, ce qui était devenu impossible après mon infection en octobre », explique la retraitée. 

Les témoignages du genre se multiplient, notamment aux États-Unis, où la campagne de vaccination est particulièrement avancée. Le phénomène, qui relève de l’anecdote pour le moment, pique tout de même la curiosité de certains experts.

« Comme on n’a pas de traitement très efficace pour les patients [COVID longue], le fait de voir que certains s’améliorent après le vaccin est encourageant. Ça suscite un intérêt du point de vue scientifique. Ça pourrait nous orienter sur des pistes de nouvelles options thérapeutiques », explique le Dr Alain Piché, directeur de la clinique ambulatoire post-COVID, à Sherbrooke.

Il s’agit d’un des nombreux mystères que le coronavirus a révélés depuis le début de la pandémie, souligne l’infectiologue. 

« On aura besoin d’en connaître plus [quant aux effets du vaccin sur les gens souffrant des symptômes persistants]. Ça réitère le fait qu’il faudra aussi un suivi à long terme avec ces patients », ajoute-t-il.

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Motivation

Cela a de quoi redonner espoir à des patients, d’autant plus que pour l’instant aucun traitement ne s’offre à eux. 

« D’enfin se sentir mieux après le vaccin, c’est très motivant. Je vois la lumière au bout du tunnel », dit Denis Proulx. 

« Avant je ne savais pas si ma forme allait un jour revenir. Là, je garde un espoir que c’est possible. Ça revient tranquillement », raconte Joanne Dupont.

Deux hypothèses à fouiller, selon un immunologue  

Les chercheurs ont au moins deux hypothèses à fouiller pour tenter de comprendre ce qui fait que certaines personnes souffrant de la COVID longue rapportent une amélioration de leurs symptômes après avoir reçu le vaccin. 

« Il y a peut-être des gens qui ont encore du virus dans leur corps et cela induit une réponse immunitaire persistante, faisant qu’ils souffrent de symptômes. Et le vaccin pourrait aider à se débarrasser du virus restant », explique d’abord l’immunologue André Veillette. 

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Une deuxième possibilité, plus plausible selon lui, est que certaines personnes ayant contracté la COVID ont un dérèglement de leur système immunitaire qui serait incapable de se replacer après l’infection.

« Ça se peut que le vaccin régularise la fonction du système immunitaire. Le vaccin agirait comme un bouton de réinitialisation », résume le chercheur au sein du Groupe de travail sur les vaccins contre la COVID-19. 

Il précise qu’il s’agit simplement d’hypothèses, mais que les témoignages qui se font entendre à ce sujet « sont fascinants ». 

Une étude de Yale 

« Des personnes m’ont dit qu’elles n’avaient plus de “brouillard cérébral”, que leurs problèmes gastro-intestinaux avaient disparu ou qu’elles avaient cessé de souffrir de l’essoufflement », explique la Dre Akiko Iwasaki dans un article publié sur le site de l’Université Yale, dans l’État du Connecticut.

D’ailleurs, la professeure d’immunobiologie au département de médecine de cette prestigieuse université dirigera une étude qui tentera de comprendre l’effet de vaccin sur la COVID longue. 

L’idée a émergé après un sondage réalisé pour l’organisme Survivor Corps dans lequel « suffisamment de personnes ont signalé une amélioration de leurs symptômes après avoir reçu le vaccin » contre la COVID-19, précise Natalie Lambert, professeure à la faculté de médecine de l’Université de l’Indiana. 

Possible effet placebo

En attendant les résultats des premières études, les témoignages sont anecdotiques et il faut également se demander s’il ne s’agit pas d’un effet placebo, insiste le virologue Benoit Barbeau. 

« Mais ça serait extrêmement bénéfique si on pouvait démontrer avec des études que le vaccin a non seulement un impact préventif, mais en plus thérapeutique », espère-t-il.

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