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Grand Prix: Fitzgibbon voulait un contrat de formule 1 encore plus long

L’opposition dit que la prolongation de l’entente jusqu’en 2031 profitera au géant Bell

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La prolongation du contrat conclu entre les différents paliers de gouvernement et le groupe Formula One (FOG) profitera à l’entreprise de télécommunications Bell, ont estimé, hier, les partis d’opposition, ce qui n’est pas la lecture du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, qui aurait voulu prolonger l’entente pour plusieurs autres années. 

Lors de l’étude des crédits du ministère de l’Économie, M. Fitzgibbon a été longuement questionné sur la pertinence d’avoir prolongé le contrat de la F1 à Montréal pour les années 2030-2031, au coût de 51 millions $ pour les deux paliers de gouvernement, au même moment où Bell achetait le groupe Octane, promoteur de l’événement lors des dernières années. 

Le député libéral Carlos Leitao a affirmé avoir un « très grand malaise » avec le fait de voir « une multinationale avec les reins solides » apparaître soudainement dans le portrait. Selon lui, Bell n’avait pas besoin de l’argent des contribuables québécois pour s’impliquer dans l’aventure.

Mais, selon le ministre Fitzgibbon, les bénéficiaires du contrat sont plutôt les paliers de gouvernement – et les bailleurs de fonds, la Ville de Montréal et Tourisme Montréal – et non le promoteur.  

« De dire que les retombées vont être à Bell [...] c’est ne pas comprendre ce qu’est le Grand Prix. Les retombées sont pour qui ? L’hébergement, le tourisme... les 60 millions $ de PIB, ce sont les hot-dogs, les touristes qui viennent à Montréal. Bell Canada, Octane, peu importe, le propriétaire du promoteur n’aura aucun des bénéfices », a estimé M. Fitzgibbon.

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Cinq ou dix ans de plus

D’ailleurs, il regrette de ne pas avoir pu négocier une prolongation de contrat encore plus importante. 

« Moi, je voulais avoir cinq ou dix ans, j’ai essayé », a-t-il lancé en soulignant qu’il y avait un risque de perdre le Grand Prix s’il n’y avait pas eu d’entente en raison de l’annulation de l’événement cette année. « La transaction était parfaite dans les circonstances », a commenté le ministre.

Pour sa part, le député de Québec solidaire Vincent Marissal a estimé que l’entente signée était du pain béni pour Bell. 

« Ils [F1] viennent ici parce que c’est payant. [...] Le nouvel acheteur [Bell] arrive, il achète cela à Octane. Il a deux ans de plus et c’est financé par le gouvernement du Québec. [...] La pérennité dans le temps, ç’a pas une certaine valeur pour le nouvel acheteur ? [...] Moi, si j’étais Bell, je serais mort de rire ! » a-t-il lancé.

Retombées remises en doute

Selon le ministre, le Grand Prix du Canada est l’événement le plus important au Canada au point de vue touristique. 

« Nous avons des retombées fiscales pour le ministère des Finances de 10,6 millions $ », a-t-il estimé.

Des chiffres qui ont été remis en question par le député Leitao, ministre des Finances dans le gouvernement Couillard.

« Il y a des retombées, mais il faut faire un peu attention. Il y a pour le Grand Prix 30 000-40 000 personnes de l’extérieur qui viennent à Montréal et qui restent 4-5 jours, c’est très bien. [...] Mais Montréal reçoit 10-11 millions de touristes par année [...]. Moi, je vous dis, j’ai toujours beaucoup douté des retombées », a souligné M. Leitao.