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La catastrophe du REM au centre-ville

GEN - REM,  PILIER ET POUTRES
Photo Martin Alarie

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La Caisse de dépôt et placement du Québec sait que son projet de REM surélevé sur René-Lévesque, du pont Jacques-Cartier à la Place Bonaventure, est très mal reçu par la population montréalaise. Elle a donc commandé avec notre argent une vaste campagne de propagande pour tenter de faire accepter l’inacceptable.

Elle a réussi à acheter un architecte, Jean-Paul Viguier, qui construit des bâtiments froids avec une grammaire architecturale issue des années 70. 

La Caisse a aussi mis sur pied un comité de 15 personnes qui se réunira une fois par mois. Dans quel but exactement? Ces gens n’ont pas le mandat de revoir le tracé aérien du REM. Ils devront servir de paratonnerre aux dirigeants de la Caisse qui ont pris la décision affligeante de construire un REM aérien en plein centre-ville. Officiellement, la Caisse leur demande d’atténuer les impacts du REM aérien.

Une représentante d’Héritage Montréal, qui a été approchée pour faire partie de ce comité, a eu l’honnêteté de refuser d’y siéger, parce qu’elle ne croyait pas que «des décorations» sur une monstruosité pareille pourraient régler le problème.

Elle a raison. D’instinct, tous les Montréalais le comprennent. Les lignes du même genre ailleurs dans le monde sont des catastrophes. Parlez-en par exemple aux habitants de Bangkok. 

Autres solutions

Il existe pourtant d’autres solutions. Le REM de l’Est n’a pas à être connecté directement à la Place Bonaventure. Il pourrait très bien être connecté à la station Berri-UQAM ou à Champ-de-Mars, ou passer plus au nord sous la rue Sherbrooke et aboutir à McGill ou à Place-des-Arts. Il existe de nombreux trajets souterrains alternatifs si, comme le prétendent les dirigeants de la Caisse, le terrain sous René-Lévesque est trop fragile pour soutenir un nouveau tunnel (ce qui est douteux).

Réaction décevante de Plante et Coderre

Le plus décevant est la réaction des deux candidats à la mairie. Denis Coderre et Valérie Plante appuient le REM aérien au centre-ville. Mais il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée. Peut-être qu’ils finiront par comprendre pourquoi le projet de REM aérien au centre-ville est épouvantable. Savent-ils seulement que le REM aérien fait autant de bruit qu’un avion? De quoi rendre complètement invivables les immeubles aux abords du REM dans sa portion aérienne au centre-ville.

Les propriétaires de ces immeubles vont-ils demander un dédommagement pour la perte de valeur encourue? La Caisse de dépôt a-t-elle inclus ces coûts dans ses savants calculs?

Le plus frustrant est que les dirigeants de la Caisse qui prennent les décisions autour du REM ne sont pas des élus. Ils ne sont pas redevables aux citoyens. Tout le projet du REM est un exemple parfait de la raison pour laquelle il vaut mieux que des élus prennent ce genre de décisions. 

Élus trop faibles

Malheureusement, depuis des décennies, nos élus ont la mauvaise habitude de se départir de leurs pouvoirs au profit d’organisations parapubliques, des tribunaux ou d’une décentralisation extrême. Et ensuite, ils s’étonnent que la population les méprise. Mais ceci est une autre question.