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Un pactole aux patrons d’Investissement Québec

GEN-Conférence de presse du premier ministre François Legault
Photo d'archives, Agence QMI Guy LeBlanc

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Dans le cadre de son dernier exercice financier 2020-21 terminé le 31 mars dernier, Investissement Québec (IQ) va rapporter une « hausse exceptionnelle » de revenus.

Ça tombe pile pour le PDG Guy LeBlanc et ses hauts dirigeants, qui, grâce à l’entrée en vigueur rétroactive du nouveau « Régime d’intéressement à long terme », vont pouvoir bénéficier d’une « rémunération incitative » fort alléchante.

Dans le cas de M. LeBlanc, la « rémunération incitative » va jusqu’à 70 % de son traitement annuel de base. À cela s’ajoute un « boni au rendement » pouvant atteindre 20 % de son salaire de base. 

Juteux incitatifs

Quand il est arrivé en poste, le 23 avril 2019, son traitement annuel de base a été fixé à 500 000 $, lequel salaire est majoré annuellement selon le pourcentage applicable aux cadres de la société d’État. La rémunération globale de LeBlanc pourra dépasser le million de dollars.

Du côté des vice-présidents exécutifs d’Investissement Québec, la rémunération incitative, payable au terme de chaque cycle de rendement de trois ans, peut également atteindre 90 % de leur salaire de base. Leur rémunération annuelle globale pourrait ainsi atteindre 1 million de dollars.  

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

Grâce à la bourse

La table « salariale » étant mise, l’année financière 2020-21 s’annonce donc fort payante pour les dirigeants d’Investissement Québec en raison de la solide performance.

À la lumière des prévisions budgétaires du ministre des Finances Eric Girard, la hausse des revenus d’Investissement Québec au cours du dernier exercice 2020-21 devrait s’élever à 668 millions de dollars. C’est 537 millions $ de plus que ce qu’il avait initialement prévu pour l’exercice terminé le 31 mars 2021.

Il s’agit, explique le ministre, d’une « hausse exceptionnelle des revenus d’Investissement Québec découlant d’une augmentation de la valeur de ses titres détenus en portefeuille qui ont bénéficié d’une reprise rapide de la Bourse » depuis la déconfiture boursière survenue au début de la pandémie en mars 2020.

Rendement

Investissement Québec devrait rapporter, au terme de son exercice financier 2020-21, un rendement annuel de l’ordre de 15 % sur ses fonds propres. Peut-être même un peu plus. Lors de l’exercice 2019-20, Investissement Québec avait déclaré des fonds propres de 4,59 milliards $, et une perte de 173 millions $.

À la fin de mars 2020, le portefeuille d’IQ était réparti comme suit : financement des entreprises par prêts et garanties de prêts (58 %) ; participation dans des entreprises, fonds d’investissement et capital de risque (39 %) ; trésorerie (3 %).

Je ne veux pas minimiser le rendement que rapportera Investissement Québec, mais la conjoncture financière en 2020-21 était favorable à l’obtention de bons rendements.

Concernant les placements d’Investissement Québec dans les entreprises québécoises, il est évident que leur valeur s’est fortement appréciée.

Lors de la période couverte par l’exercice financier 2020-21, soit du 1er avril 2020 au 31 mars 2021, la Bourse canadienne, en incluant les dividendes, a rapporté 44,2 %, et la Bourse américaine 56,4 %.

L’indice Québec IQ-120 (composé de 120 titres québécois cotés en Bourse) a rapporté un rendement de 54,5 % lors de cette même période.