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Crise dans l’armée: il faut une démission

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Il y a quelques semaines, Justin Trudeau croyait s’en aller en élection.

Aujourd’hui, il doit jongler avec l’idée de remanier son cabinet pour changer son ministre de la Défense nationale et celle de se départir de sa cheffe de cabinet, Katie Telford, comme le demandent les conservateurs.

En politique, deux mois, c’est une éternité, surtout en pleine pandémie.

Qui aurait dû le dire au premier ministre ?

Chaque semaine qui passe, on apprend de nouveaux éléments dans le dossier des allégations d’inconduites sexuelles de l’ancien chef de l’état-major des Forces armées canadiennes, Jonathan Vance.

On sait maintenant que le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, était au courant depuis 2018.

Il n’était pas le seul. 

Le personnel de M. Trudeau était aussi au fait de ces informations, dont sa cheffe de cabinet, selon le témoignage d’un ancien collègue. 

M. Trudeau a toujours dit qu’il n’avait pas été mis au courant des allégations à l’époque.  

Ainsi, il devra précipiter un départ s’il veut passer à autre chose. Quelqu’un aurait dû le lui dire.

Commun accord

À l’aube d’une élection, il est plus facile pour M. Trudeau de changer un ministre que de se priver de sa cheffe de cabinet.

Mardi, François Legault nous a dit : « Disons que c’est d’un commun accord » que Marie-Eve Proulx a décidé de donner sa démission. En lisant entre les lignes, on saisit que c’est M. Legault qui lui a demandé de céder sa place.

Justin Trudeau devra aussi trouver un commun accord avec M. Sajjan. Ils devront s’entendre rapidement. 

Plus cette crise perdure, plus c’est l’image de M. Trudeau qui en prend pour son rhume.

Au-delà du poste ministériel, Justin Trudeau devra se demander, comme premier ministre féministe, s’il peut garder dans son équipe un député qui ne lui a pas parlé des inconduites sexuelles dans les Forces armées pendant trois ans.