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Immigration: un débat qui crée un malaise

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Elle est révélatrice cette foire d’empoigne entre François Legault et le Conseil du patronat (CPQ) à propos de l’immigration.

D’un côté, François Legault est obnubilé par un éventuel rattrapage salarial avec l’Ontario. Chaque fois qu’un immigrant gagne moins de 56 000 $, il « empire son problème », pour reprendre ses mots. 

De l’autre, le CPQ désire toujours plus d’immigrants pour pallier la pénurie de main-d’œuvre.

En apparence, les deux discours se confrontent. Dans les faits, ils portent une vision semblable et étriquée de l’immigration.

L’immigrant se réduit à une unité économique de base, à du capital humain, à une ressource humaine pour reprendre l’orthodoxie économique qui nous définit simplement et tristement par le travail.

De part et d’autre

Il faut éprouver un certain malaise devant ces chamailleries. 

Quand François Legault parle de l’immigration qui « empire son problème », il nous laisse sur la vague impression que les immigrants sont avant tout des chiffres.

Quand le patronat dit vouloir augmenter les seuils à 70 000 immigrants annuellement, on ne vise pas tant la pénurie de main-d’œuvre que l’inversion du rapport de force que cette pénurie accorde aux travailleurs.

Tous les travaux sérieux le démontrent : augmenter significativement le nombre d’immigrants ne règle en rien une pénurie. Cibler les industries déficitaires, reconnaître les diplômes, former davantage et augmenter les salaires constituent les solutions. Demandez aux milliers de nouveaux préposés aux bénéficiaires !

Peu importe, tout ce blabla servile autour de l’immigration alimente une certaine forme de déshumanisation. On réduit l’immigrant à un instrument, à de la pure utilité. 

On oublie tous les bénéfices intrinsèques de l’immigration : solidarité internationale, diminution des inégalités mondiales, tissu social plus diversifié...

L’immigration est un sujet qui demande de l’humanité. Entre les patrons et un gouvernement qui se balancent à qui mieux mieux des seuils et des objectifs salariaux complètement arbitraires, permettez-moi d’éprouver un énorme malaise dans cette conception si étroite de l’immigration.