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Des restaurateurs impatients de rouvrir : « retrouver mes clients, c’est mon but ! »

Certains accepteraient de gérer un passeport vaccinal, mais d’autres, pas

GEN-RESTAURANTS
Photo Agence QMI, Joël Lemay À Montréal, Dominic Laflamme, propriétaire de quatre restaurants dont l’État-Major, se languit d’accueillir des clients dans ses salles à manger fermées depuis sept mois.

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Après des mois de fermeture, devrait-on rouvrir les restaurants du Québec en exigeant une preuve vaccinale aux clients ? L’idée séduit certains propriétaires, mais en rebute d’autres qui ne veulent pas jouer à la police. Le débat est lancé.

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« Je pense que [le passeport vaccinal] ça peut être une très bonne idée, si ça nous aide à rouvrir plus vite. Mais après, la vérification, ça va quand même être une nouvelle responsabilité sur les épaules des commerçants », pense Martin Guimond, propriétaire depuis 14 ans de la brasserie Le Saint-Bock, à Montréal.

Depuis le 1er octobre 2020, les restaurants en zone rouge ont dû garder leurs salles à manger fermées, se contentant de faire de la livraison ou du « à emporter ».

Pour ceux dont la vocation est de tenir un restaurant, le fait de ne plus voir ses clients attablés s’avère contre nature.

« Retrouver mes clients, c’est mon but ! C’est mon espoir ! C’est mon soleil ! » s’exclame Nouredine Kara, propriétaire du restaurant de cuisine méditerranéenne Au Tarot, à Montréal.

Plusieurs comme lui tirent le diable par la queue.


NOS CHRONIQUEURS SE PRONONCENT

• Mathieu Bock-Côté: Restos: que la vie reprenne ses droits!

• Richard Martineau : Le passeport vaccinal pour sauver les restos

• Emmanuelle Latraverse : Non, ce n’est pas le temps de rouvrir les restos

• Josée Legault : Restos: on n’a pas le choix d’attendre


Pas la solution miracle

Afin de permettre la réouverture des restos, des villes et des pays ont opté pour un passeport vaccinal. Grâce à un code QR, par exemple, les citoyens inoculés peuvent manger dans leur établissement préféré.

En conférence de presse mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué qu’un modèle semblable pourrait faire son apparition pour ceux qui ont reçu les deux doses du vaccin.

De son côté, le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, avait souligné en commission parlementaire mercredi dernier que le passeport vaccinal ne pourrait avoir qu’une utilisation limitée.

« Même dans l’avis d’éthique de santé publique, il y a une balance où les avantages versus les inconvénients ne sont pas si élevés que ça », indiquait-il.

  • Écoutez l'entrevue de Vianney Godbout au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

L’ouverture des restaurants aux vaccinés pourrait-elle servir d’incitatif à ceux qui hésitent à recevoir leur dose ?

Chose certaine, le premier ministre François Legault en a fait rêver plusieurs mardi en parlant de la possibilité d’assister à un match du Canadien. Une campagne publicitaire a aussi démarré hier pour faire espérer les Québécois à un retour à la vie normale après un effort de vaccination suffisant.

Mais pour l’Association Restauration Québec, il faut trouver une autre solution au passeport vaccinal, afin d’ouvrir pour la saison estivale.

« Si on ouvre seulement pour les gens qui ont reçu les deux doses, ça va être très long et ça va être très vide, souligne Dominic Laflamme, propriétaire de quatre restaurants à Montréal, dont l’État-Major. Ça serait bizarre d’aller au resto, mais de ne pas pouvoir emmener ses enfants parce qu’ils n’ont pas reçu leur dose », illustre-t-il.

Pour Éric Luksenberg, propriétaire de deux restaurants dans le Vieux-Montréal, passeport ou pas, tous les clients devront être vaccinés pour manger à ses tables.

« Quitte à perdre quelques clients, pour moi la sécurité de mes clients et de mes employés ça passe par le vaccin », lance-t-il. 

  • Écoutez l'entrevue du vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'Association restauration Québec, François Meunier, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Des experts mitigés

Christian Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec, pense que le passeport pourrait être une bonne solution.

« Si on a un relâchement du côté des gens qui ont déjà été vaccinés et qui ont déjà une immunité, ça peut être intéressant », soutient-il.

De son côté, la professeure en santé publique Roxane Borgès Da Silva estime que le passeport est loin d’être une solution.

« Selon moi [le test de dépistage rapide antigénique] est une meilleure option parce qu’en 15 minutes, tout le monde peut le faire et accéder au restaurant, par exemple », pense-t-elle.

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Des fermetures à la pelle  

12 941 Nombre d’entreprises actives au Québec dans le secteur de l’hébergement et de la restauration en janvier 2021, comparativement à 14 892 un an plus tôt. 

11 088 Nombre d’entreprises du secteur qui ont fermé leurs portes temporairement ou pour de bon depuis mars 2020. 

242 Nombre de faillites d’entreprises du secteur des « services de restauration et débits de boissons » en 2020

19,24 % Pourcentage des faillites d’entreprises au Québec en 2020 qui sont dans la restauration.

Source : Bureau du surintendant des faillites Canada

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