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Jury séquestré au procès de Benoit Cardinal

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JOLIETTE | Le jury chargé du sort de Benoit Cardinal, accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, a commencé ses délibérations en fin d’après-midi. 

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Après avoir entendu les plaidoiries finales des avocats hier, et les directives de la juge Johanne St-Gelais ce matin, les jurés sont maintenant réunis à huis clos jusqu’à ce qu’ils s’entendent sur un verdict unanime. 

Quatorze citoyens avaient été sélectionnés en mars dernier, au palais de justice de Joliette, pour entendre la preuve de ce dossier, mais seulement 12 ont été séquestrés aujourd’hui au terme du processus.

Pour que Benoit Cardinal soit déclaré coupable du meurtre prémédité de sa conjointe, Jaël Cantin, la Couronne doit avoir prouvé sa culpabilité « hors de tout doute raisonnable », a répété la juge St-Gelais ce matin.

La thèse de la poursuite, représentée par Mes Caroline Buist, Valérie Michaud et Geneviève Aumond, est que l’accusé de 35 ans a assassiné la victime de 33 ans, le 16 janvier 2020.

Cette nuit-là, la mère de six enfants a été retrouvée dans une mare de sang dans son domicile du chemin des Anglais, à Mascouche.

Elle a succombé à un traumatisme contondant à la tête qui découlerait de multiples coups de poing.

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Tuée pour l’argent

D’après la Couronne, Cardinal aurait tué sa partenaire de vie des 16 dernières années pour toucher l’assurance-vie d’un million $ à laquelle Mme Cantin avait souscrit deux ans auparavant, réglant ainsi son problème d’endettement critique.

Il aurait d’ailleurs fait part de ses plans funestes à une adolescente en fugue à qui il était intimement lié.

Silence de l’accusé

L’accusé n’a pas donné sa version des faits au jury, comme c’est son droit.

« Vous ne pouvez pas utiliser le silence de l’accusé comme preuve de sa culpabilité », a d’ailleurs rappelé la magistrate.

Pour la défense, représentée par Mes Louis-Alexandre Martin et Ghassan Toubal, le jury doit acquitter Cardinal.

En plaidoiries, Me Martin a laissé planer un doute quant à la présence possible d’un intrus sur les lieux du drame, avant l’arrivée des policiers.

Pour le criminaliste, il « n’est pas incompatible avec la scène » que ce « tiers étranger » ait causé les blessures mortelles à Jaël Cantin.

De nombreuses discussions quant à cette théorie ont eu lieu hors de la présence du jury, mais les médias ne pouvaient pas en rapporter le contenu jusqu’à maintenant. 

À l’origine, la défense voulait soumettre au jury que l’adolescente à qui Cardinal se serait confié était présente lors du crime.

Lorsqu’elle s’est fait poser la question lors de son témoignage à la cour, la jeune fille a formellement nié ce fait, semblant même choquée par la question.

La juge St-Gelais a donc interdit à la défense d’en faire la mention au jury lors des plaidoiries finales, mais Me Martin a tout de même parlé de la possible présence d’une femme.

Avortement de procès

Hier, au terme du laïus de la défense, la magistrate a sermonné Me Martin, arguant qu’il avait « franchi la ligne » de ce qu’il ne pouvait pas dire. Offusqué, ce dernier a fait savoir à la juge qu’il était en complet désaccord avec elle.

L’ambiance était à couper au couteau dans la salle d’audience.

Ce matin, avant l’entrée des jurés, les représentants de Benoit Cardinal ont informé la magistrate qu’ils souhaitaient qu’elle se récuse, alors que le procès tire à sa fin.

Johanne St-Gelais a tout de même décidé de donner ses directives au jury, estimant qu’elle pouvait entendre les arguments de la défense par la suite.

« Si j’en viens à la conclusion que cette requête-là doit être accordée, j’ordonnerai un avortement de procès », a-t-elle tranché avec impatience.

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