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Les tribunaux, prochain arrêt du cirque Trump

Les tribunaux, prochain arrêt du cirque Trump
AFP

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Les tuiles juridiques n’en finissent plus de s’abattre sur l’ex-président républicain et ses acolytes. Est-ce que ces démêlés avec la justice sonneront le glas de Trump et du trumpisme ?

Il se passe rarement un jour sans qu’on entende de nouvelles révélations qui semblent mener inexorablement vers une série de procès contre Donald Trump et ses proches.

Ça n’empêche pas l’ancien président de garder une emprise absolue sur son parti et on peut sérieusement se demander si cette accumulation d’accusations, tant au civil qu’au criminel, aura de véritables conséquences politiques.

Prenez un numéro

Ça se bouscule au portillon pour amener Donald Trump devant les tribunaux.

Lundi, la juge Amy Berman Jackson de Washington a ordonné la publication d’un mémo du ministère de la Justice qui pourrait mener à des poursuites contre l’ex-président pour plusieurs délits flagrants d’entraves à la justice identifiés dans le rapport Mueller, à la suite de l’enquête sur l’affaire russe.

À New York, Trump et ses proches sont dans la mire des procureurs fédéraux et étatiques pour de multiples allégations de fraudes, qui feront inévitablement découvrir de nouvelles affaires louches. Tout ceci s’ajoute aux poursuites liées aux innombrables allégations d’inconduites sexuelles de celui qui se croyait tout permis.

Il y a aussi les poursuites civiles contre Trump liées aux événements du 6 janvier, où une bande d’hurluberlus gonflés à bloc par la rhétorique de leur leader ont mené une insurrection violente contre le Capitole.

En bonne compagnie

Ça s’agite aussi sur les pistes secondaires du cirque judiciaire de Trump.

Son avocat personnel, Rudy Giuliani, vient de subir une perquisition et pourrait être invité à témoigner contre son ancien patron pour sauver sa peau.

Sur une piste périphérique, un des principaux émules de Trump au Congrès, le représentant floridien Matt Gaetz, est au cœur d’une sordide affaire de présumée exploitation sexuelle de mineures.

À toute épreuve ?

Normalement, une telle accumulation de criminalité démontrée ou apparente devrait entraîner un leader politique et le parti qui s’accroche à lui vers les bas-fonds. 

Malheureusement, l’environnement politique actuel du Parti républicain – où Donald Trump est parvenu à faire croire à la majorité des partisans le mensonge éhonté qui attribue la victoire de Joe Biden à des fraudes à grande échelle et où tous les élus sont tenus de propager ce mensonge – n’a rien de normal.

Dans la logique du complot qui alimente le culte de la personnalité de Trump, ces poursuites prouvent que « l’État profond » est aux trousses du « dear leader » et de ses acolytes. L’autre logique omniprésente est celle du cynisme, selon laquelle comme tous les politiciens sont pareils, ces crimes ne changent rien.

Vu la lenteur du système judiciaire américain, les chances que Donald Trump se retrouve en prison avant les élections de 2022 ou 2024 sont infimes. D’ici là, le cirque va continuer et, dans l’univers parallèle de la droite américaine, ces affaires risquent de n’être qu’un bruit de fond sans grandes conséquences politiques.