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Non, ce n’est pas le temps de rouvrir les restos

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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De cancre de la COVID au pays, le Québec fait soudainement figure de modèle. 

Meilleur bilan des grandes provinces dans cette 3e vague, meilleur taux de vaccination. 

La tentation est forte de dire : « Libérez-nous de la COVID ! »

Le rêve de retrouver proches et amis est devenu un fantasme ; la perspective de boire un verre sur une terrasse entre amis, une obsession ; le projet d’un dîner en amoureux au restaurant sans les enfants, une fixation.

Et pourtant, ce n’est pas le temps.

Car entendons-nous, ouvrir les restaurants n’est pas une mesure de déconfinement, c’est LE déconfinement, la ligne d’arrivée d’une lente transition vers la normalité.

Or après 14 mois de pandémie, trois vagues, un Noël, deux Pâques, d’innombrables anniversaires sacrifiés. 

Après deux années scolaires bancales, après un été sans camps de vacances pour les enfants, sans compétitions sportives, sans spectateurs pour hurler la joie d’une victoire miraculeuse des Canadiens. 

Après huit « Défi 28 jours », 220 soirées au restaurant sacrifiées.

Après tant d’efforts, est-ce que vraiment c’est le temps d’être téméraire ?

Non.

Car on sait que l’embellie ne tient qu’à un fil. On sait ce qui arrive lorsqu’on déconfine trop vite. Alors, attendons au moins d’avoir atteint nos objectifs de vaccination avant d’ouvrir les restaurants. 

Situation fragile

Il s’agit de regarder les statistiques quotidiennes pour constater à quel point l’accalmie est relative.

Dès que le nombre de tests de dépistage augmente, le nombre de cas aussi. C’est ainsi que nous sommes passés de 797 cas mardi à 915 mercredi. La différence ? 14 828 tests de plus !

Le taux de positivité en ce moment est de 2,5 %. Il était à 1,7 % lorsque les restaurants ont rouvert leurs portes en juin 2020.

Et les hospitalisations ? Elles sont au même niveau qu’en plein confinement de novembre dernier.

Les soins intensifs ? Comme le 29 décembre dernier.

La pandémie nous a appris que ce n’est pas parce que ça va mieux que ça va assez bien pour tout risquer. 

Plus de yoyo, svp !

Qu’est-ce qui compte le plus ? S’offrir un été potable ou un brunch dimanche prochain ?

Les variants, plus contagieux, ont changé le visage de la pandémie. Ouvrir les restaurants est malheureusement plus risqué que lors de la première vague.

Pourquoi ne pas attendre qu’une masse critique de Québécois soit vaccinée avant de relancer le bal des rencontres et des soupers ? 

Concentrons-nous sur cette priorité : immuniser le plus grand nombre, le plus rapidement possible.

Et n’oublions pas le rôle que joue le « ras-le-bol pandémique » dans la décision des gens de surmonter leurs craintes et d’enfin se faire vacciner. 

Seront-ils au rendez-vous si la vie normale reprend son cours avant la ligne d’arrivée ?

Car il est bien plus tentant de siroter un verre de vin sur une terrasse que de faire la file au stade olympique !