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Restos: que la vie reprenne ses droits!

GEN - DOSSIER RESTO - PHO BAC
Photo d'archives, Martin Alarie

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Nous entrons, enfin, dans une grande séquence de déconfinement. La vaccination avance, d’autant que la population s’y rallie massivement. 

À moins du surgissement d’un variant particulièrement agressif brûlant tout sur son passage, nous sommes sur le chemin de la libération. 

Des mesures sanitaires de prudence élémentaire resteront probablement. Mais la plupart devront progressivement tomber. 

Restaurant

Le confinement généralisé de l’existence fut un temps nécessaire, mais il ne faudra jamais cesser d’y voir un geste temporaire, une mesure d’exception. Et l’heure est revenue de renouer avec la possibilité de la vie sociale. De permettre à chacun de sortir de sa bulle. De revoir ses amis, sa famille, ses proches. 

L’été nous le permettra.

Mais pour cela, il faut avoir le droit de se voir. Chez soi. Et ailleurs. 

Par exemple, au restaurant.

Cette question revient, car elle a une grande portée symbolique. Résumons la chose ainsi : quand les restaurants rouvriront, la vie reprendra. Il s’agira d’un geste de confiance, marquant un avant et un après. N’oublions pas que les restaurateurs s’étaient adaptés à la pandémie et que les salles à manger n’étaient pas des lieux d’éclosion.

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

Car un jour, il faut bien décider de sauter à l’eau. Nous ne pourrons garder la société sous cloche de verre éternellement. 

On peut imaginer la marche à suivre suivante, pour réussir une réouverture intelligente, qui ne vire pas au bordel.

Québec pourrait commencer par la réouverture des terrasses d’ici la fin du mois. Puis rouvrir les salles à manger le 24 juin. 

Gardons à l’esprit que pendant tout ce temps, la vaccination progressera à grande vitesse. Nous devons nous déshabituer du confinement. Oui, il est normal, en cette vie, de se voir, et de ne pas trembler de peur devant une table partagée. Sans pour autant renoncer à une saine prudence. Vivre avec le virus ne veut pas dire vivre comme si le virus n’était pas là.

Je ne suis pas favorable au passeport vaccinal à l’intérieur de nos frontières. Mais pour en sortir, quoi qu’on en pense, il me semble inévitable. 

Mais supposons qu’il s’impose. 

Allons-y dans l’ordre : les terrasses pourraient être ouvertes à tout le monde, les salles à manger ouvertes à ceux qui présenteraient une preuve de vaccination. 

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Masque

On le voit, il y a différentes solutions possibles. Mais il y a urgence vitale : restaurer la possibilité de la vie sociale autrement que sur le mode de l’agape clandestine. 

Quant à moi, les restrictions devraient être minimales. Car dès qu’on en impose, elles tendent à s’incruster. Faut-il vraiment limiter avec une directive administrative le nombre de bulles familiales pouvant se rencontrer ? Peut-être. Mais pour un temps limité. Car pour paraphraser la formule connue, rien n’est plus durable qu’un interdit provisoire.  

Ah oui, et il serait agréable de pouvoir se rendre au restaurant sans porter le masque dans la rue. Bien franchement, de toutes les mesures, celle-là est quand même absurde.