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«Gilles était le dieu de la course»

VILLENEUVE
Photo d’archives, Louis Butcher Jacques Villeneuve voue une admiration sans borne à son frère Gilles, dont la photo prise avec Enzo Ferrari fait encore jaser, 39 ans après son décès tragique.

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Le 8 mai 1982, le Québec perdait, en Gilles Villeneuve, son plus grand ambassadeur sur la planète, fauché en pleine gloire à l’âge de 32 ans.

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En ce samedi matin funeste, à la fin de la séance de qualifications du Grand Prix de Belgique de Formule 1, celui que l’on appelait affectueusement le Petit Prince était victime d’une embardée fatale dont les images sont encore aujourd’hui difficiles à visionner. Demain marquera le 39e anniversaire de son décès tragique au circuit de Zolder.

«Tu me contactes chaque année, dit son frère Jacques au bout du fil, pour avoir mes commentaires. Ma réponse ne changera jamais. Je n’ai pas besoin du 8 mai pour me souvenir de Gilles.»

«Je pense à lui tous les jours, raconte-t-il. Quand je suis dans mon garage en train de faire de la mécanique ou de travailler dans mon campeur. Pour moi, il est encore là.»

Le réveil brutal

Bon nombre d’observateurs ont prétendu que Jacques était à l’époque plus rapide que son illustre frère sur un circuit de course.

«Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent, répond-il. Mais, pour moi, c’était normal qu’il gagne quand on courait ensemble [en motoneiges]. Il était plus vieux que moi. Il était mon exemple.

«Gilles était le dieu de la course. C’est sûr que ça me faisait un petit velours de rouler devant lui, mais jamais je n’aurais fait une manœuvre douteuse pour l’empêcher de me doubler. Parce que c’était Gilles.»

Jacques était au lit quand l’accident tragique est survenu.

«C’est ma belle-mère qui m’a réveillé pour me dire que Gilles avait eu un grave accident, a relaté Villeneuve, aujourd’hui âgé de 67 ans. Je me suis alors précipité chez mes parents.

«Moi, je n’ai pas mal réagi sur le moment, avoue-t-il. Mais six mois plus tard, ça a fessé comme un coup de... masse. C’est là que j’ai réalisé qu’il ne reviendrait plus.»

La victoire en 1978

Jacques a été un témoin privilégié de la victoire mémorable de son frère, à Montréal, en ce frisquet 8 octobre 1978 sur le circuit qui porte aujourd’hui son nom.

«Je me souviens qu’après avoir gagné la course de Formule Ford le samedi, explique-t-il, il était venu me féliciter. Je lui ai alors dit de faire la même chose le lendemain. Ce qu’il a fait au volant de sa Ferrari.

«Cette victoire [sa première en F1] a été un bon moment de célébrer en famille, mais le plus décevant c’est que mon épouse Céline n’était pas présente sur le podium. Elle était restée dans la roulotte pour garder les deux enfants de Gilles.»

Aucun regret

On a maintes fois reproché à Jacques de ne pas avoir suivi les traces de son frère. D’autant plus qu’il avait le talent pour le faire.

«Gilles était prêt à tout sacrifier pour rouler en F1, indique son frère. Mais pas moi. Je ne voulais pas aller vivre en Europe. Il m’avait facilité la tâche pour obtenir un essai en F3, mais ce n’était pas mon but. On avait plusieurs points en commun, mais pas la même opinion sur la F1.»

N’empêche que Jacques a réalisé un record de piste sur la piste de Monza quand il s’est retrouvé en F3 en essais privés. Mais ce ne fut pas suffisant pour le convaincre de poursuivre l’aventure.

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