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Vos vacances au Québec: le Bic fait courir les foules

L’achalandage dans les sentiers du parc national du Bas-Saint-Laurent a bondi de 24 %

L'industrie touristique à Rimouski se prépare pour la saison
Photo Dominique Lelièvre La nature a servi depuis un an de refuge à de nombreux Québécois. Au Bic, cette tendance semble vouloir se poursuivre cet été.

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RIMOUSKI | Répondant à un besoin réel des Québécois de se reconnecter avec la nature, le parc national du Bic a connu un achalandage spectaculaire l’été dernier, et tout indique que cette affluence se répétera lors de la prochaine saison estivale.

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L’achalandage a bondi de 24 % lors de la saison estivale de 2020, par rapport à la même période en 2019. 

Concrètement, 315 471 visites d’une journée ont été enregistrées du 1er avril au 30 septembre 2020.

« On a senti qu’on répondait à un besoin réel des Québécois [de connecter avec la nature] à ce moment-là. Les indicateurs qu’on a pointent vers une bonne saison touristique encore une fois l’été prochain », dit Myriam Lavallée, directrice du parc.

Martin Gagnon, copropriétaire des chalets hôteliers du Vieux loup de mer, constate aussi cette envie des grands espaces et du grand air. Selon lui, l’engouement pour la nature du Bic ne s’estompe pas.

Martin Gagnon et Jean-Luc Leblond, propriétaires des chalets hôteliers du Vieux Loup de Mer près du parc national du Bic à Rimouski.
Photo Dominique Lelièvre
Martin Gagnon et Jean-Luc Leblond, propriétaires des chalets hôteliers du Vieux Loup de Mer près du parc national du Bic à Rimouski.

« Je ne peux pas vous cacher qu’on est dans une bonne posture. [...] À chaque fois qu’il y avait un déconfinement, il y avait comme un engouement », a-t-il remarqué.

Folie

Les disponibilités pour les 15 chalets à flanc de montagne, à deux pas du parc national, se sont presque toutes envolées pour les périodes les plus achalandées de juillet et d’août prochain.

« Les gens ont appris de l’année passée, donc ils ont fait leur réservation beaucoup plus tôt cette année », affirme-t-il.

Le village du Bic a lui aussi été happé par une fréquentation exceptionnelle l’été dernier, a constaté Nicolas David, propriétaire de la boulangerie des Folles Farines. Il pense que cela va se répéter en 2021.

« On est tous d’accord que ça va être la même folie que l’année dernière. C’est juste que là, on est un peu plus préparés », dit-il. 

  • Écoutez la journaliste Karine Gagnon ici  

Nouvelle expérience maritime

Plus à l’est, le site historique maritime de la Pointe-au-Père espère de son côté être en mesure de bénéficier de cette manne qui lui a échappé il y a un an.

Son attraction phare, le sous-marin Onondaga, n’est pas accessible depuis le début de la pandémie tandis que la capacité d’accueil du musée de l’Empress of Ireland est réduite de 75 %.

Résultat, en 2020, les revenus provenant des droits d’entrée, qui génèrent habituellement 90 % de son budget d’exploitation, ont fondu, passant d’environ 1,1 M$ à 100 000 $. Des aides gouvernementales ont permis à l’entreprise de rester à flot et de maintenir sept emplois permanents. « Les programmes nous ont aidés. C’est ça qui a vraiment sauvé la mise », dit Serge Guay, directeur général du site historique maritime de la Pointe-au-Père.

Cet été, on espère renverser la vapeur grâce à un protocole sanitaire amélioré et de nouveaux filtres à l’air qui devraient rendre de nouveau possible la visite intérieure du sous-marin.

En parallèle, une toute nouvelle visite virtuelle extérieure sera offerte, avec jeux, explications et animations, permettant de découvrir le vaisseau comme si on y était, sans avoir à y entrer.

Le nombre de personnes pouvant expérimenter le sous-marin pourra donc être maximisé, malgré les limites imposées par le contexte sanitaire. 

Vers un autre bon été ?  

«On a bon espoir d’avoir une saison qui va ressembler probablement à la même que l’année passée, avec un avantage, c’est d’avoir l’expérience de la saison 2020. » 

- Martin Gagnon, copropriétaire des chalets hôteliers du Vieux loup de mer, au Bic

«Ce qu’on entend, c’est que les chalets et les terrains de camping sont loués à pleine capacité. Je pense qu’il va y avoir du monde dans la région. » 

- Serge Guay, directeur général du site historique maritime de la Pointe-au-Père

«On parle de 92 % de satisfaction de l’expérience vécue à l’égard des mesures sanitaires qui étaient en place, donc ça nous positionne bien, je pense, sur le marché pour l’été prochain. »

- Myriam Lavallée, directrice du parc national du Bic

Un élan ralenti par la pandémie  

Malgré un été qui fut « au-delà des espérances » en 2020, la pandémie a ralenti l’élan de l’industrie touristique au Bas-Saint-Laurent, et son effet pourrait se faire sentir durant quelques années.

« Les liquidités des entreprises sont utilisées pour survivre en ce moment. [...] [Comme entrepreneur], t’as seulement la tête sortie de l’eau. Il y a peut-être des investissements que tu ne feras pas, des choses que tu ne feras pas, et le tourisme, si tu ne réinvestis pas dans ton entreprise, tu n’es pas en train de développer, tu es en train de reculer », soulève Pierre Lévesque, directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent.

« La pandémie aura sûrement un impact sur les possibilités de réinvestissement [des entreprises] dans les prochaines années », craint-il.

Prochains mois décisifs

M. Lévesque résume l’année 2020 ainsi : « Le printemps a été catastrophique ; l’été, une chance qu’on l’a eu [...]. On a sauvé les meubles et un peu plus peut-être, puis l’automne s’est fait arrêter subitement. »

Les prochains mois seront cruciaux, dit-il. 

« Il y en a qui ont été créatifs et qui ont su trouver d’autres moyens d’aller chercher des revenus. On espère avoir une saison touristique, l’été prochain, parce que ce serait catastrophique si on ne pouvait pas en avoir une. »

De son côté, Martin Gagnon, copropriétaire des chalets hôteliers du Vieux loup de mer a vu de nouvelles tendances se dessiner depuis un an.

D’abord, dans un endroit de villégiature comme le sien, à deux pas du parc national du Bic, « on voit un engouement pour les basses saisons », dit-il. « On a eu des gens cet hiver qui étaient en télétravail. La première question n’était pas “est-ce que vous avez un poêle à bois dans votre chalet ?”, mais “est-ce que vous avez le Wi-Fi haute vitesse ?” » relate-t-il.

La durée des séjours semble aussi s’être allongée ; au Vieux loup de mer, elle est passée de deux ou trois nuitées par séjour, à près de quatre nuitées en moyenne.

À un tournant

Par ailleurs, M. Gagnon estime que l’industrie touristique, prise au sens large, est à un tournant. « On est à l’aube d’une nouvelle industrie. [...] On est une industrie de plaisir, on est une industrie de services, et la notion du service personnalisé va prendre davantage d’espace par la suite. »

Par exemple, enchaîne-t-il, la notion de tourisme de luxe était historiquement associée « à la dorure ».

« Aujourd’hui, c’est l’expérience. Est-ce que je peux grimper dans un arbre, mais avoir le privilège d’être le seul à être grimpé dans cet arbre-là pour voir le coucher du soleil ? C’est ça, le nouveau luxe. »

 

Bas-Saint-Laurent    

La découverte de l’île aux Lièvres se fait à pied seulement.
Photo courtoisie, Alain Demers
La découverte de l’île aux Lièvres se fait à pied seulement.

L’île aux Lièvres

Pour un séjour vraiment reposant  

  • Une fois que le petit bateau de Duvetnor en provenance de Rivière-du-Loup vous a déposé sur l’île, un calme apaisant donne l’impression que le temps s’est arrêté.    
  • Aucun véhicule ne circule sur l’île de 13 km de long. La découverte de ce site protégé géré par Duvetnor se fait à pied, sur des sentiers ou le long des berges.        

ATTRAITS

Ce qui frappe, c’est l’aspect sauvage de l’île aux Lièvres. Malgré son nom, je n’ai pas vu de lièvres, mais des phoques, une fois sur la pointe à l’est et une autre fois du côté nord. Marcher sur les berges à perte de vue et s’y arrêter de temps à autre pour contempler le paysage est un pur plaisir.

Pour vous situer, il est bon d’apporter la carte de l’île que l’on trouve à l’accueil. Côté nord, aux alentours du belvédère, la berge est bordée de rosiers sauvages. Le point de vue sur les montagnes de Charlevoix est tout simplement exceptionnel.

PAISIBLE

Si un marcheur aguerri saura s’y plaire, le site convient à tous ceux qui veulent se retrouver dans la nature sans être branché en tout temps. De toute façon, au besoin, il y a un café avec wifi près des hébergements.

INFOS PRATIQUES  

  • 40 km de sentiers sur une île sans route et sans voiture    
  • Activités : excursions en mer ($), randonnée pédestre    
  • Hébergement : chalet à partir de 735 $/3 nuits, camping rustique à partir de 40 $/nuit (jusqu’à 4 personnes, 2 tentes/site)    
  • Tarif de la traversée : 48 $/adulte, 26 $/enfant (12 ans et moins)    
  • Chiens non admis    
  • 1 877 867-1660  
  • duvetnor.com/sejours/ile-aux-lievres