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Mystérieuse vague de cruauté animale sur la Rive-Nord

Des ratons laveurs ont notamment été martyrisés

GEN - JACQUES LESSARD ET JUSTICE LA RATONNE
PHOTO MARTIN ALARIE L’un des ratons laveurs rescapés d’un acte de cruauté animale survenu le mois dernier à Laval se trouve maintenant au refuge Nymous.

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Des animaux brûlés ou encore frappés à maintes reprises : les cas de cruauté animale se seraient succédé sur la Rive-Nord le mois dernier, au point où la SPCA confirme avoir lancé une enquête. 

« Ça se passe souvent, mais dernièrement, ç’a culminé de manière fulgurante. On est débordés », s’alarme Jacques Lessard, propriétaire du refuge Nymous, qui a notamment accueilli une famille de ratons laveurs martyrisés à Laval. 

La mère a été vraisemblablement frappée à coups de pelle, alors que ses petits ont été jetés vivants dans un sac de poubelle. 

Jacques Lessard, propriétaire du Centre-refuge Nymous.
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Jacques Lessard, propriétaire du Centre-refuge Nymous.

« Sur les sept bébés, deux sont malheureusement décédés. La mère se porte bien, mais elle a perdu un œil et risque d’être aveugle pour le reste de sa vie », déplore M. Lessard, qui a eu vent qu’il pourrait s’agir d’un groupe d’adolescents de Saint-Lin-Laurentides.

C’est dans cette ville qu’un lapin domestique a été retrouvé il y a trois semaines sur un terrain privé, agonisant après avoir été brûlé vif. 

« Il avait du mal à respirer et comme les lapins respirent très rapidement, il était extrêmement souffrant. On n’a pas eu le choix de le faire euthanasier », se désole Dominique Gamelin, fondatrice du refuge Sauvetage Lapin et Compagnie, qui a recueilli la pauvre bête. 

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Effet pandémie?

Elle se demande maintenant comment un groupe de personnes peut en venir à poser des gestes aussi gratuits. 

«La haine de ces petits gars-là vise d’autres groupes, mais ils n’ont pas les moyens de s’en prendre à eux. Alors ils s’en prennent à des mammifères vulnérables qui leur sont accessibles, la plupart du temps des chats errants», avance le psychologue Hubert Van Gijseghem, expert des personnalités psychopathes et antisociales. 

S’il est vrai que ces pathologies se manifestent souvent par de la cruauté envers les animaux, l’effet de groupe et la pandémie sont également des facteurs à considérer, surtout dans ce cas-ci. 

«On n’observe pas nécessairement plus de crimes depuis le début de la pandémie, mais il y a une augmentation de la sévérité de ceux-ci. Il y a une montée de la détresse chez les adolescents», poursuit Geneviève Lemelin, psychologue en délinquance juvénile. 

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Peu de condamnations

Chose certaine, les contrevenants ont peu de chances de payer pour leurs actions, et ce, même si plus de 1000 enquêtes sont ouvertes chaque année par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) dans le Grand Montréal. 

En 2018, à peine une quarantaine de condamnations ont été obtenues, criminelles et pénales confondues. 

Ce nombre a baissé à 29 l’année suivante, puis à seulement 11 l’an passé. 

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