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Printemps hâtif pour l'ornithologie

Le moment de s’initier à l’observation d’oiseaux, c’est maintenant !

Cette année, la meilleure période pour observer les oiseaux migrateurs risque d’être devancée de quelques semaines. Généralement, c’est autour de la fête des Patriotes que se situe ce moment privilégié.
Photo Jean-Sébastien Guénette Cette année, la meilleure période pour observer les oiseaux migrateurs risque d’être devancée de quelques semaines. Généralement, c’est autour de la fête des Patriotes que se situe ce moment privilégié.

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C’est une tendance qui se confirme plus que jamais cette année : le printemps arrive une dizaine de jours plus tôt au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord. Pour les observateurs d’oiseaux, cela signifie que le grand spectacle annuel des migrateurs se produira également de façon hâtive.

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Les meilleurs indicatifs d’un printemps précoce, ce sont les oiseaux et les plantes. « Cette année, les feuilles sont ouvertes trois semaines à un mois plus tôt que d’habitude et on voit une nette tendance des oiseaux migrateurs qui arrivent en avance », indique Jean-Sébastien Guénette, directeur général de QuébecOiseaux et biologiste de formation. 

Chaque année, du mois de mars à la fin mai, le Québec devient un corridor migratoire pour de nombreuses espèces d’oiseaux qui se dirigent vers le nord ou qui vont nicher chez nous. Habituellement, le summum de l’activité des oiseaux migrateurs et les meilleures observations ont lieu autour de la fête des Patriotes, au cours de la troisième fin de semaine du mois de mai. « Cette année, ce moment privilégié des ornithologues risque d’être devancé », prévient M. Guénette. 

Le directeur général de QuébecOiseaux conseille aux personnes intéressées par la découverte de l’observation des bêtes à plumes de s’y mettre dès maintenant. « On commence tranquillement avec des jumelles et un guide d’identification dans son voisinage. C’est mieux de se pratiquer en ce moment, car dans un mois, cela deviendra difficile de savoir où tourner la tête ! » 

Quelques semaines d’observation s’avéreront nécessaires pour croiser le plus grand nombre des 450 espèces à séjourner sur le territoire québécois, d’autant plus que d’apercevoir des oiseaux colorés et diversifiés comme les parulines risque d’être compliqué par la présence exceptionnelle du feuillage des arbres au mois de mai. « Habituellement, la pousse des feuilles commence à l’arrivée de ces oiseaux insectivores. Ce qui ne sera pas le cas ce printemps », souligne le biologiste de formation.  

Après le mois de mai, le deuxième meilleur moment de l’année pour voir une grande diversité d’espèces d’oiseaux sera l’automne, lors du passage des migrateurs qui retourneront vers le sud entre la mi-août et le début de novembre. 

Observer pour de bonnes causes 

Au printemps dernier, l’observation des oiseaux a connu une hausse exceptionnelle au Québec. « Ce divertissement fourni par les oiseaux a eu un impact positif sur la santé mentale de bien de citoyens durant les premières semaines du confinement », dit Jean-Sébastien Guénette. 

L’activité de science citoyenne « Des oiseaux à la maison », lancée par le scientifique en chef du Québec l’an passé à la même date a permis à un grand nombre de personnes de s’initier au plaisir de découvrir les oiseaux autour de leur demeure. 

Les données amassées et fournies en ligne par les observateurs d’oiseaux amateurs permettent d’en savoir plus sur les populations en difficulté. « Nous avons au Québec une des meilleures connaissances des espèces menacées », affirme M. Guénette. Le fait qu’une personne sur cinq s’intéresse aux oiseaux dans la province, selon un sondage réalisé par QuébecOiseaux, y est certainement pour quelque chose. 

Bien choisir le moment de la journée  

Vous voulez voir d’autres espèces que celles qui s’intéressent à vos mangeoires ? Il faut sortir de sa cour et aller au parc. « Les deux meilleurs moments de la journée pour l’observation, c’est tôt en journée et en fin d’après-midi : au lever du soleil jusqu’à 8 h 30 ou 9 h, les oiseaux sont plus actifs et vocaux. Par la suite, c’est de 16 h à 17 h jusqu’au coucher du soleil », indique Jean-Sébastien Guénette.  

Pour s’initier à l’ornithologie, l’idéal est de se joindre au club local. « Lors des excursions en groupe, on apprend les meilleurs trucs pour l’observation ainsi que les endroits où se situent les bons sites », dit M. Guénette. Or, comme cela ne sera pas possible ce printemps – distanciation sociale en période de pandémie oblige –, c’est en solo que la découverte des oiseaux devra se faire en attendant. 

MONTRÉAL RECÈLE DES ENDROITS EXCEPTIONNELS POUR PRATIQUER L’ORNITHOLOGIE.

Voici quelques-uns des meilleurs, selon le directeur de QuébecOiseaux :

Le Jardin botanique 

Toujours très bien pour voir une intéressante variété d’espèces--- d’oiseaux.

Le parc Jean-Drapeau 

Un peu sous-estimé, il y a le fleuve, une forêt, le secteur des Floralies et plusieurs bosquets de conifères qui attirent les oiseaux de proie. 

Le Technoparc 

Dans l’ouest de l’île, au nord de l’aéroport, se trouvent un milieu humide et un boisé très intéressants. 

Le parc nature de l’Île Bizard et de la Pointe-aux-Prairies 

Le parc du Mont-Royal et son cimetière

Un site vraiment exceptionnel. 

Juste à l’extérieur de Montréal 

Les îles de Boucherville, tous les habitats de la région se trouvent en un seul parc.