/weekend
Navigation

Weezer déçoit...à nouveau

Coup d'oeil sur cet article

Quelques semaines à peine après avoir dévoilé OK Human, un album particulièrement relevé et inspiré de la pandémie, le groupe culte revient au plan initial : lancer un disque rock édulcoré qui devait essentiellement accompagner une tournée ambitieuse prévue avec Green Day et Fall Out Boy. Malgré sa référence à la troupe de David Lee Roth et compagnie, Weezer livre un LP en deçà (oui, oui) de ce que Van Halen pouvait offrir. 

Weezer  

Photo courtoisie

★★

Van Weezer

Paroles et Excel

L’anecdote date, mais quand même : le chanteur Rivers Cuomo a déjà confié en entrevue qu’il notait des strophes dans un tableur, histoire de les revisiter lorsqu’il a le syndrome de la page blanche.

C’est un moyen comme un autre de s’inspirer, certes, mais le processus atteint ses limites sur Van Weezer, tant le parolier abonde dans l’opportunisme et les clichés du fan de rock nostalgique de sa jeunesse et patati et patata. 

Pire encore, Cuomo met diablement la pédale douce côté interprétation, se plaçant aux antipodes de sa livraison tantôt subtile, tantôt passionnée d’OK Human. À défaut d’être le parolier d’une génération, Lee Roth s’amusait ferme derrière son micro, lui. 

Clins d’œil et grimace

Avec sa lettre d’amour au hard rock, voire au hair metal, Weezer va jusqu’à singer Crazy Train sur sa pièce Blue Dream et on se surprend à vouloir écouter le hit d'Ozzy à la place. C’est à ce point inoffensif. 

Outre mettre de l’avant les talents de guitariste de Cuomo (qui, rappelons-le, s’est lancé dans l’industrie via son groupe glam metal Zoom et revisite en quelque sorte ses débuts par la bande), Van Weezer est essentiellement destiné au caveau des (de plus en plus nombreux) albums oubliables du fameux quatuor. Dommage. 

Artistes variés  

Photo courtoisie

★★★ 1/2

Bonbonbon : 6 morceaux

Vanille n’en finit plus de surprendre cette année. Quelques semaines après avoir livré un premier album fort apprécié, Rachel Leblanc et son équipage proposent une adaptation intemporelle et en français (!) de Tell Me des Stones. Cette refonte va même jusqu’à « répondre » à l’originale en prime ! En guise de « face b », Efy Hecks y va d’un « cover » plus sage, mais quand même fort agréable d’Un peu comme toi de Dassin.  

Tire le coyote, Jeannot Bournival  

Photo courtoisie

★★★★

Le temps des autres

Benoit Pinette, lui non plus, ne chôme pas en pandémie. Près de trois mois après la parution de son recueil de poésie, l’artiste folk s’associe au compositeur et réalisateur Jeannot Bournival pour émouvoir encore et toujours avec, cette fois, des reprises dépouillées – piano, voix, et c’est pas mal ça – de classiques québécois comme La légende du cheval blanc de Léveillée, voire même Les oiseaux faussent aussi d’Avec pas d’casque. Conseil d’ami : gardez un mouchoir à portée de main. 

Iron & Wine  

Photo courtoisie

★★★★ 1/2

Archive Series Volume No. 5 : Tallahassee Recordings

L’artiste folk culte américain Sam Beam, lui, profite de la crise actuelle pour fouiller son grenier. D’où la parution d’un premier album 20 ans après l’œuvre qui l’aura fait connaître à ses fans. En gros, Tallahassee Recordings compile des chansons enregistrées quelques années avant The Creek Drank The Cradle (2002), le LP qui a lancé sa carrière. Sans fioritures, mais diablement bourré de moments forts et d’émotions. À (re)découvrir. 

COUP DE COEUR  

The Bamboos  

Photo courtoisie

★★★

Hard Up

The Bamboos, c’est un collectif soul et funk sévissant en Australie depuis une vingtaine d’années. Mené par la chanteuse Kylie Auldist et sa voix volcanique, l’ensemble livre ici un énième plutôt sage, mais tout de même satisfaisant. En marge des récents succès des Black Pumas et autres Brittany Howard (Alabama Shakes), The Bamboos complète bien l’offre actuelle et plaira également, par la bande, aux fans de l’étiquette Daptone et du Budos Band, surtout. Parfait pour le retour du temps chaud.