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Voici des roses blanches

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À toutes les mères aux cheveux blancs qui ne peuvent pas serrer leurs enfants et leurs petits-enfants dans leurs bras depuis des mois.

Toutes les mères qui, comme ma mère, ne peuvent se rassembler avec leurs amies dans la salle commune de leur résidence pour jouer aux cartes ou au bingo.

Toutes ces mères qu’on ne peut inviter au resto ni à la maison, qu’on visite en coup de vent dans un parc ou, au plus fort de la crise, qu’on saluait à travers la fenêtre de leur appartement comme si elles étaient en prison. 

Ne perdez pas espoir. 

VIVRE DANS L’INDIGNITÉ

Ça a été dur, mais ce sera bientôt fini. 

Je ne sais pas ce qui a été le plus pénible pour vous au fil de cette longue année : ne pouvoir vous asseoir à une table avec vos enfants et vos petits-enfants, ou voir à la télé comment des gens de votre âge étaient traités dans certains CHSLD de la province. 

Comment le Québec a-t-il pu tomber si bas ? Comment cette nation que vous avez aidé à bâtir a-t-elle pu vous laisser tomber de la sorte ?

Comment une société aussi riche, aussi opulente, a-t-elle pu se montrer aussi ingrate envers ses doyens ? 

Franchement, je ne le sais pas. On ne le sait pas. 

J’imagine qu’on était occupé à autre chose. Vous savez comment c’est, la vie va si vite. 

On marche, on court, et on oublie ceux qui ne peuvent pas suivre. 

La seule chose qu’on a vraiment faite pour vous, ces dernières années, était de vous permettre de mourir dans la dignité.  

Tu parles d’un cadeau ! Tu parles d’un beau projet de société !

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

« Tiens, grand-maman, une belle machine qui va te permettre de partir en douceur ! Tu vas être bien, tu vas pouvoir aller rejoindre grand-papa et tes sœurs ! »

C’est à se demander si c’était un cadeau pour vous ou pour nous. 

Une façon de se débarrasser de notre honte. 

De se débarrasser de vous.

LES FAUX AMIS DE LA LIBERTÉ

Qu’est-ce que vous voulez pour la fête des Mères ? Une deuxième dose ?

Ça s’en vient ! 

Vous deviez être complètement découragées, la semaine dernière, de voir ces milliers d’irresponsables manifester pour le droit de se foutre des consignes. 

Heureusement, vous avez compris que ce ne sont pas eux, les vrais défenseurs de la liberté, mais bien ceux et celles qui ont respecté les mesures sanitaires et vous ont gardées à distance. 

Ce sont ceux qui ont résisté à la tentation de vous prendre dans leurs bras qui vous ont donné le plus beau câlin, le plus beau baiser, la plus belle preuve d’amour. 

Que voulez-vous, nous traversons une époque bizarre, bruyante, confuse, où ce sont les gens qui crient « Liberté » le plus fort qui participent le plus à rendre nécessaires les mesures qu’ils contestent. 

BIENTÔT

Ça va être encore une drôle de fête des Mères.

Mais c’est juste un contretemps. 

Cet été, vous verrez, on se fera un brunch, un vrai, avec toute la famille.

Et on trinquera à la vie. 

Cette drôle de maladie transmise sexuellement qui survit aux hivers, aux virus.

À tout.