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Un avocat est radié 15 ans pour avoir trompé ses clients

Étienne Gadbois
Photo courtoisie Étienne Gadbois
Avocat radié

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Un avocat qui s’est approprié l’argent de clients à qui il faisait faussement croire que leurs problèmes avec Revenu Québec étaient réglés a été radié pour une période de 15 ans.

Étienne Gadbois, un ancien avocat spécialisé en droit fiscal au sein du prestigieux cabinet Dentons, au centre-ville de Montréal, mérite une sanction exemplaire étant donné la gravité des gestes commis, a tranché à la fin avril le Conseil de discipline du Barreau du Québec.

L’ancien avocat a été reconnu coupable de plus de 20 chefs, dont celui notamment d’avoir transmis à une cliente un faux courriel provenant apparemment d’un haut fonctionnaire de Revenu Québec. 

Le but de ce courriel fabriqué de toutes pièces était de « tromper sa cliente » et de lui faire croire que Revenu Québec avait accepté sa position, selon la décision sur sanction rendue.

L’ex-avocat a aussi faussement fait croire à une autre cliente qu’un règlement était intervenu avec le ministère des Finances de l’Ontario, « alors que tout ceci était faux ».

Même un faux jugement !

Ne reculant devant rien, il a même inventé une décision par un juge du nom de J. Coats, de la Cour supérieure de l’Ontario, comme quoi toute mesure d’exécution était suspendue contre un autre client.

Ce n’est pas tout, car l’ex-avocat aurait mis la main sur des centaines de milliers de dollars de ses clients qui étaient destinés à servir de paiement dans le cadre de règlements avec le fisc. Des avances d’honoraires n’auraient aussi jamais été versées dans son compte en fidéicommis. 

« L’intimé n’a pas été en mesure de faire la preuve du remboursement d’[une] somme de 200 000 $, et ce, selon l’engagement pris [...] lors de l’audience sur sanction », est-il rapporté.

Lors d’une audience en novembre, l’ex-avocat, très émotif, avait dû interrompre plusieurs fois son témoignage parce qu’il éclatait en sanglots. Il avait expliqué ses gestes par des problèmes familiaux de longue date. 

Il avait aussi expliqué ressentir une pression énorme de la part de ses patrons. Entre autres, il était rentré travailler un jour malgré la mort de son père. 

« J’ai essayé de m’investir dans mon travail, mais je manquais de jugement, de toute évidence », avait-il dit regretter.

Sa psychologue avait néanmoins estimé qu’il avait encore une capacité mitigée à avoir du remords. 

« Monsieur éprouve davantage de regrets en raison des conséquences négatives sur sa propre existence. [...] Par contre, le regret est peu palpable vis-à-vis des clients lésés », avait-elle noté.

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