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Bernard Lachance a entraîné d’autres personnes à cesser leur trithérapie

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Le chanteur Bernard Lachance, mort du sida mardi à l’âge de 46 ans seulement après avoir cessé la trithérapie, a entraîné dans ses idées d’autres personnes atteintes du VIH qui ont-elles aussi cessé leur traitement.

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Connu pour avoir participé au Oprah Winfrey Show et avoir mené sa carrière tel un entrepreneur en vendant lui-même ses billets, Bernard Lachance a bénéficié de la trithérapie pendant des années.

  • Écoutez l'entrevue de Réjean Thomas au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

Pendant la pandémie, il s’est radicalisé face à la maladie, invoquant un complot des pharmaceutiques. Le chanteur a cessé de prendre ses médicaments, se disait en pleine forme, et publiait de nombreuses vidéos pour convaincre les autres du complot du «big pharma». 

Dans la vidéo «Lettre ouverte à mon médecin Dr Réjean Thomas» qu’il a publiée sur YouTube le 27 avril 2020, il remet complètement en question l’existence de la maladie et dénonce le prix faramineux de la trithérapie, qui pourtant sauve des vies.

  • Écoutez le témoignage de la soeur de Bernard Lachance, Lise Lachance, avec Geneviève Petersen QUB Radio:   

 En entrevue à TVA Nouvelles, le Dr Thomas qui l’a eu comme patient, a jugé que son décès était très triste et a refusé de l’appeler «complotiste».  

Agence QMI

«Je voudrais en profiter pour offrir mes plus sincères condoléances à la famille et ses amis. Plusieurs l’appellent Bernard le complotiste, mais moi, ce n’est pas comme cela que je le voyais. C’était quelqu’un de plutôt sympathique», souligne Dr Thomas. 

« C’est triste parce qu’aujourd’hui, il n’y a aucune raison de mourir du sida dans un pays riche comme le nôtre, avec les trithérapies qui ont beaucoup évolué, ce ne sont plus les trithérapies comme dans les années 90. Ce sont des traitements relativement simples avec peu d’effets secondaires et très très efficaces», insiste le Dr Thomas. 

Soigner une maladie silencieuse  

Dans les années 80, une personne atteinte du sida avait une espérance de vie d’environ deux années, alors qu’aujourd’hui, l’espérance de vie, avec le traitement, est aussi longue qu’une personne qui n’est pas atteinte par le VIH. 

Le défi, avec le traitement du VIH, consiste à soigner des personnes qui sont asymptomatiques. 

«À l’époque, on attendait que les gens soient malades, là on traite des personnes asymptomatiques, on en parle beaucoup avec la COVID dernièrement. On traite des gens qui sont en bonne santé dans le fond, c’est ça la difficulté : faire comprendre que si vous ne prenez pas vos médicaments, ça va se compliquer», explique Dr Thomas. 

Écoutez la chronique de Geneviève Pettersen avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio: 

Reproche à Bernard Lachance  

Le seul «petit reproche» qu’il sert à son ex-patient est celui d’avoir entraîné dans ses idées conspirationnistes d’autres malades atteints du VIH, qui eux aussi ont cessé de prendre leurs médicaments. 

«Ça a influencé des gens. D’autres gens fragiles, des personnes qui ont arrêté de prendre leur trithérapie. J’ai des gens qui m’en ont parlé. Cela dit, Bernard n’est pas le seul qui ne croit pas au sida, au VIH. Il y a même des scientifiques qui ont écrit là-dessus. L’être humain est complexe», évoque Dr Thomas. 

«Comment comprendre nous avec notre raisonnement, alors qu’on a traitements efficaces et pas compliqués que quelqu’un se laisse mourir? C’est très très difficile à comprendre, quelqu’un de cet âge-là, avec ce talent-là qu’il avait quand même. Ce qui me revient c’est que c’est triste, triste pour la famille aussi.»  

Il souhaite néanmoins que le décès de Bernard Lachance serve de message à ceux qui hésiteraient à poursuivre leur traitement pour lutter contre le VIH.

«Espérons que ça va lancer le message de bien prendre ses médicaments», conclut le Dr Réjean Thomas.